C'est comment ailleurs ? La préférence nationale en Suisse

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Alors que le Front national propose une préférence nationale pour l’emploi, franceinfo s’intéresse à la Suisse qui va mettre en place ce dispositif

La Suisse va appliquer ce qu'elle appelle une "préférence indigène" sur l'emploi dans une version allégée par rapport au texte radical que la population avait adopté lors d'une votation en février 2014.

Référendum d'initiative populaire

En 2014, l'UDC, équivalent suisse du Front national, avait pris l'initiative de consulter la population sur l'immigration. Le référendum intitulé "Contre l'immigration massive" avait été voté à une courte majorité.

Le texte prévoyait d'établir des quotas annuels pour les étrangers, la plupart européens, voulant travailler en Suisse. Cela concernait aussi les travailleurs frontaliers qui font la route de la Suisse pour leur job.

Pas si simple

Très vite, ce texte anti-immigration s'est heurté à plusieurs écueils. Pour commencer, il était contraire aux multiples accords de libre-circulation que la Suisse a conclu depuis des années avec l'Union européenne.

Ensuite, avec un taux de chômage autour de 3%, le marché de l'emploi est tendu en Suisse. Le manque de main d'œuvre menaçait le pays en cas d'application stricte des quotas. Il faut savoir que sur les chantiers, dans les restaurants, les grands magasins, les hôpitaux, énormément d’emplois sont occupés par des étrangers, frontaliers ou non. 

Version light

Au bout de trois ans de débats, le Parlement suisse a tranché fin 2016. Il n’y aura pas de quotas d'immigration, mais une préférence nationale relativement modérée sur l'emploi. Ainsi, les entreprises seront incitées à privilégier la main d'œuvre locale en s'adressant en priorité aux chômeurs suisses.

Mais elles devront le faire uniquement quand certaines professions ou certaines régions économiques dépasseront le taux de chômage moyen du pays. Ce qui limite la portée de la mesure.  

Les frontaliers sont déjà une variable d’ajustement

C’est déjà ce qui se passe dans les faits avec les frontaliers. Quand, les affaires vont moins bien en Suisse, les frontaliers sont les premiers licenciés dans ce pays très libéral. Par exemple, dans l'horlogerie, secteur en crise, les frontaliers ont récemment servi de variable d'ajustement. 

Les cantons contre-attaquent

Si la préférence nationale suisse sera "ligth" au niveau fédéral, certains cantons ont trouvé la parade pour aller plus loin. C’est le cas du Tessin, le canton italophone du sud du pays.

En septembre 2016, les Tessinois ont plébiscité une initiative pour privilégier la main d'œuvre locale. Le texte s'appelait "Les nôtres d'abord". Et dans le canton de Neuchâtel, francophone, une initiative identique a été lancée le 17 février 2017 sous le nom "Les nôtres avant les autres".

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