C'est comment ailleurs ? La police de proximité au Royaume-Uni

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Alors que la France s’apprête à relancer une police de proximité, franceinfo s’intéresse au Royaume-Uni où elle existe depuis près de deux siècles

Si Emmanuel Macron veut lancer une police plus proche des populations, le Royaume-Uni a créé une police de proximité dès 1829. Ce système est ancré dans le paysage britannique, mais a connu des fortunes diverses au gré de changements politiques. Avec les récentes attaques terroristes qui ont frappé le pays, le débat est relancé sur la nécessité de renforcer cette police de proximité.  

1929  

Il faut remonter à la création de la police métropolitaine de Londres en 1929 pour voir apparaitre la police de proximité, sans arme à feu, qui se distingue nettement de l'armée.  

L'idée de base est la suivante. Pour lutter contre le crime, il faut un policier, le Bobby, immergé dans le quartier pour connaitre au plus près ce qui s'y passe, bien connaitre la communauté locale.  

La population informera plus facilement un policier qu'elle connait parce qu’elle le voit tous les jours patrouiller dans le quartier. Le bobby est là pour s'attaquer rapidement aux problèmes avant qu'ils prennent de trop grandes proportions.   

Des hauts et des bas  

La police de proximité a connu les hauts et des bas au cours de ses deux siècles d’existence. La manière de travailler de la police a changé notamment dans la seconde partie du XXe siècle. Par exemple, les policiers en voiture n'étaient plus aussi proches des populations qu’auparavant. Il y a eu une sorte de déconnexion du terrain.  

C'est pourquoi au début des années 2000, le Premier ministre travailliste Tony Blair a relancé la police de proximité avec la création de milliers de postes pour une présence locale plus forte.   

Des bas  

Quand les conservateurs sont arrivés au pouvoir en 2010, la  ministre de l'Intérieur, qui n'était autre que Theresa May, a voulu que les policiers soit moins dans le contact avec la population et plus dans le combat pur et dur contre le crime.   Parallèlement, pour des raisons budgétaires, elle a réduit de 20.000 hommes les effectifs de la police britannique entre 2010 et 2016. Mais récemment, cette politique lui est revenue dans la figure comme un boomerang.  

Terroristes non détectés  

Car les attentats djihadistes des derniers mois ont fait apparaitre les lacunes de la police. Les opposants à Theresa May estiment que la police ne sait plus ce qui se passe sur le terrain en raison du manque de policiers locaux, proches des communautés, d’où peuvent émerger des populations tentées par la radicalisation et le terrorisme. Le parti travailliste promet de recruter massivement et de muscler les effectifs de la police de proximité s’il revient au pouvoir.  

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