C'est comment ailleurs ? La (non) privatisation des aéroports aux Etats-Unis

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Alors que la privatisation d’Aéroports de Paris est contestée, aux Etats-Unis les aéroports restent quasi exclusivement publics

Si un référendum d’initiative partagée pourrait être organisé contre la privatisation d’ADP, les Américains comptent très peu d'aéroports privatisés car ils considèrent ces installations comme stratégiques pour l'intégrité de leur territoire. L'écrasante majorité des aéroports est la propriété des Etats, des collectivités locales ou des villes.  

La machine à cash d’Atlanta    

Il y a plus de 3 300 aéroports aux Etats-Unis. Le plus gros est le Hartsfield-Jackson Atlanta Airport en Géorgie, qui est aussi le plus fréquenté du monde car c'est un énorme hub pour l'entrée ou la sortie des Etats-Unis. 104 millions de passagers en y sont passés en 2017.  

Ce monstre n'appartient pas à un gros opérateur privé mais à la municipalité d'Atlanta qui est très contente de le posséder. Car l'aéroport génère l'équivalent de plus de 30 milliards d'euros de revenus chaque année, ce qui représente des centaines de millions de taxes pour les caisses de l'agglomération d'Atlanta. L’aéroport est le premier employeur de Géorgie avec 63 000 emplois sur le site.  

Du cash réinvesti    

Aux Etats-Unis, la loi dit que les aéroports n'ont pas vocation à faire des profits, ou plutôt, s'ils en font, ils doivent être investis dans les aéroports eux-mêmes et leurs multiples extensions, parkings, commerces, zones d'affaire, zones économiques.

A Atlanta par exemple, des milliards sont investis en permanence dans la construction et l'entretien de pistes, dans la rénovation des terminaux, dans les parkings, les zones de fret. Tout ça pour rester "number one" mondial. Ces milliards de dollars de revenus permettent aussi de conserver une taxe d'atterrissage très basse, qui attire toujours plus de passager.  

Quelques expériences de privatisation  

Malgré tout, il existe de rares cas de privatisations d'aéroports. Au milieu des années 90, les Etats-Unis ont d'abord lancé un programme pilote pour tenter de sauver certains aéroports qui, contrairement à Atlanta, souffraient de sous-investissement chronique.   

Depuis 2012, une dizaine d'aéroports ont donc concédé leur gestion pour une durée précise à des entreprises privées. C'est le cas notamment de l'aéroport de St. Louis Lambert dans le Missouri. Mais attention, ces opérations sont très encadrées et toujours soumises à l'approbation de l'Administration fédérale de l'aviation.

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