C'est comment ailleurs ? L'épidémie de rougeole en Italie

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Alors que la France a connu son premier cas mortel de rougeole cette année, l’Italie doit faire face à une offensive massive de la maladie

Si la rougeole fait un retour inquiétant en France, elle est aussi fortement présente chez nos voisins transalpins. Le sujet a déclenché une véritable "tempesta" (tempête) politique l’an dernier.  

Recrudescence dramatique  

En 2018, l’Italie était le pays le plus touché en Europe de l'ouest avec sept cas mortels sur un total de 2 500 cas (en France, il y a  eu trois cas mortels en 2018). Mais la situation italienne s'était brusquement aggravée dès 2017 avec cinq cas mortels sur un total de 5 400 cas de rougeole, du jamais vu.  

Cela s’explique par la baisse régulière de la proportion d'Italiens vaccinés depuis plusieurs années, avec un niveau de 85% alors que l'Organisation mondiale de la santé préconise une couverture vaccinale d'au moins 95% pour sécuriser un pays.

En Italie, il y a comme en France des personnes qui s'opposent à la vaccination. Mais voilà, les enfants sont victimes du retour en force de la rougeole depuis 2017. Les régions les plus touchées sont Le Latium, la région où se trouve Rome, et le Piémont, au Nord. En revanche, la Vallée d'Aoste à la frontière franco-suisse a été épargnée.  

Mesures drastiques et polémique politique  

En 2017, le gouvernement de centre-gauche décide de rendre  obligatoire dix vaccins, dont celui de la rougeole, pour que les enfants puissent être inscrits à la crèche ou à l'école. La mesure prévoit une amende de 500 euros contre les parents d'enfants non vaccinés. Aussitôt, le Mouvement 5 étoiles s'insurge contre cette mesure en accusant le gouvernement de faire des cadeaux à l'industrie pharmaceutique. De son côté, le parti d'extrême droite la Ligue ressort des affirmations sur le lien entre vaccin et autisme.  

Un an plus tard, le Mouvement Cinq Etoiles et la Ligue arrivent au pouvoir et forment une coalition qui suspend l'obligation de vaccination, qu'elle accuse d'être coercitive. Pendant l’été 2018, la polémique éclate avec les protestations de l'Ordre des médecins qui appelle à respecter la science. Par ailleurs, plusieurs régions annoncent qu'elles feront appliquer l'obligation de vaccin si l'Etat y renonce.  

Finalement, le gouvernement populiste décide de rétablir la vaccination obligatoire. Et finalement, depuis le 11 mars 2019, la mesure est effective. 5000 enfants n'ont pas pu se présenter à l'école car ils n'avaient pas la preuve de leur vaccin et 300 ont été suspendus dans la ville de Bologne.

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