Pour mémoire...

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Copié dans le presse-papier !

Pour ne pas perdre la mémoire, il faut, dit-on, inlassablement l’exercer. Et pour ce qui est de l’histoire, à défaut de pouvoir dire: plus jamais ça!, les devoirs de mémoire permettent au moins de ne pas oublier. C’est sans doute pourquoi on compte cet automne pas moins d’une dizaine de bande dessinée de témoignages historiques. Sélection.

Le dessinateur Barroux marche dans Paris. Sur le trottoir, un flot de papiers humides et de livres moisis tout juste sortis d’une cave. Un carnet jauni attire son regard. Les mots consignés sont ceux d’un poilu de 14: angoisse, solitude, blessure, solidarité. Puis plus rien. On ne saura jamais ce qu’est devenu le narrateur. Mais on peut lire On les aura !, le court roman graphique que Barroux en a tiré avec des images muettes, à la mine de plomb rehaussées de vernis teintés, sous lesquelles courent les phrases émouvantes de simplicité de notre soldat inconnu. On les aura !, Carnet de guerre d’un poilu, est publié au Seuil.

_ Autre carnet, celui que Florent Silloray se voit confié à la mort de son grand-père. Celui-ci y avait commenté sa guerre, jour après jour, de septembre 39 à janvier 1941 : la mobilisation, la drôle de guerre, la débâcle et la captivité dans les mines de sel de Prusse orientale. Dessiné en couleurs sépia, publié en album grand format, Le carnet de Roger, de Florent Silloray aux éditions Sarbacane.

_ La seconde guerre mondiale encore avec Triangle rose, une fiction malheureusement très réaliste, basée sur des souvenirs et des faits réels. On y suit le destin d’un jeune allemand qui, comme des milliers d’autres, sera déporté pour la seule raison qu’il était homosexuel. Bien peu reviendront des camps. Et ceux là connaitront encore pendant des décennies l’humiliation de ne pas être reconnus comme victimes du nazisme. Signé Michel Dufranne, Milorad Vicanovic et Christian Lerolle, Triangle rose sous le label Quadrants.

_ Deux titres encore, et deux autres guerres… Pou dessiner Dans la nuit la liberté nous écoute, Maximilien Le Roy s’est glissé dans les pas d’Albert Clavier, un rallié. Comprenez : un soldat français de la guerre d’Indochine qui épousa la cause des Vietminh par fidélité à son engagement communiste et aux idéaux qui l’avaient conduits quelques années plus tôt à entrer dans la résistance contre l’occupant nazi. A 26 ans, d’un trait précis, Maximilien Le Roy s’affirme une fois encore, comme un auteur engagé en bande dessinée. Dans la nuit la liberté nous écoute, Maximilien Le Roy, Le Lombard.

_ Enfin les éditions Steinkis ont traduit Vietnamerica. L’histoire commence au soir du 25 avril 1975 quand la famille de l’auteur GB Tran s’entasse dans un avion cargo américain qui évacue Saigon sur le point de tomber aux mains du Vietcong. Vietnamerica racontera le retour de cette famille devenue américaine dans la ville devenue Ho Chi Min ville.

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la chronique "Info manga" de Laetitia de Germon de la rédaction de franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Laetitia vous livre sa sélection et ses coups de coeur.

Peace Maker de Ryôji Minagawa chez Glénat

Hope Emerson, fils du célèbre Peace Emerson, a hérité de son père l'étrange technique du "Spot Burst", un tir multiple qui fait de lui le tireur le plus redoutable de l'Ouest des États-Unis. Alors qu’il a promis à son père de ne jamais utiliser son arme contre son prochain, sa technique de tir va faire de lui la cible des mercenaires et plus particulièrement de Philip Crimson, un riche millionnaire.
• Minagawa nous entraîne dans l’univers du western avec des dessins travaillés, malgré quelques défauts, et de très beaux ralentis qui rendent ce manga très vivant. Les fans de western retrouveront un peu l’ambiance de Sergio Leone.
La bande-annonce de Peace Maker

Shinjukun Fever de Kubo Mitsurou chez Delcourt

Fuku est le leader d'un groupe d’oendan (supporters japonais) d’un lycée, dont le plus grand plaisir est d’encourager les autres. L’été de ses 18 ans, il se laisse entraîner dans le quartier chaud de Shinjuku à Tokyo. Naïf et idéaliste, il va être confronté à la profession de "host" (hôtes de bar qui font boire les femmes), de par sa rencontre avec un ancien sempai. Il va alors décider d’aider les gigolos, les hôtesses et les voyous à ne pas se perdre dans cette vie nocturne.
_ • Une mise en scène efficace qui nous entraîne dans le monde des "host" et dans le quartier de Shinjuku. Un manga frais et plein d’humour qui mêle dimension sociale et émotionnelle.

Crash! de Yuka Fujiwara chez Tonkam

Hana est une découvreuse de talent. Un jour, elle croise cinq étudiants au profil aussi différent qu’intéressant. Elle est alors convaincue qu’elle doit les recruter pour le dixième anniversaire de son agence et en faire le plus beau boy’s band jamais réuni. Mais voilà, Hana les a perdu de vue et ne connaît pas leur nom.
_ • Un manga dans l’univers des stars de la J-Pop (musique populaire japonaise) comportant de nombreuses situations imprévues et qui ne manque pas d’humour, même s’il n’est pas très original.

Enma de Nonoya Masaki et Tsuchiya Kei chez Kana

Le roi des enfers doit faire face à un nombre grandissant de criminels à juger. N’arrivant plus à le faire sereinement il envoie Enma sur Terre. D’apparence plutôt frêle, elle a pour spécialité de désosser ceux qui le méritent. Des criminels en passant par les tueurs en série, la jeune fille traverse les époques (Japon médiéval, Angleterre victorienne) et les lieux afin de mener sa mission à bien.
• Des petites histoires, dérangeantes et surprenantes se succèdent au fil des chapitres avec Enma comme fil conducteur. A travers ces aventures, le lecteur s’interroge sur le monde des humains et sur leurs sentiments.
La bande-annonce d'Enma

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