Le Portugal de Pedrosa

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Cyril Pedrosa retrouve ses racines et s'interroge sur la famille dans l'un des albums les plus attendus de la rentrée BD.

Quand on l’interroge, Cyril Pedrosa précise d’emblée que "Portugal", son long roman graphique de 260 pages qui fait l’événement en cette rentrée BD, n’est pas autobiographique. Nous dirons donc : pas totalement. Car son personnage Simon est bel et bien dessinateur comme lui ; au début de l’histoire, il se cherche artistiquement, ce qui était le cas de Pedrosa avant d’attaquer "Portugal" ; et surtout, dans ce récit intime qui tient du road movie familial, Simon redécouvre ses racines comme Cyril l’a fait il y a quelques années après avoir été invité à un festival BD de la banlieue de Lisbonne.

Bon, Perdosa est d’origine portugaise, c’est acquis. On se tromperait pourtant à voir dans « Portugal » une histoire de migrants. Il s’agit plutôt d’essayer de comprendre à quoi tient le lien familial, même quand il est distendu. La bonne idée de Pedrosa est de partir du point de vue des différents acteurs : son héros en déshérence d’abord, puis le père, aimant mais secret, la tante à l’esprit libre, l’oncle bougon et généreux, et ceux qui habitent là-bas, et qui portent leur part de mémoire. Les chapitres sont intitulés : Selon Simon, selon Jean, selon Abel, comme on dirait l’évangile selon Saint Jean ou Saint Luc. Pedrosa multiplie les audaces graphiques, assument des choix souvent radicaux. Le résultat est ambitieux, très fort, au risque, parfois, de se disperser .
Cyril Pedrosa , "Portugal", dans la collection Aire libre des éditions Dupuis.

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