BD, bande dessinée. Le retour du Shaolin Cowboy

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C'est une histoire que l'américain Geof Darrow dessine depuis une quinzaine d'années. Pour le plaisir de construire des images démesurées, mais aussi pour parler de son pays, les États-Unis, dont il dénonce la violence, le puritanisme et le racisme. 

Ni moine, ni cowboy, le Shaolin Cowboy de Geof Darrow affronte un monde hostile et stupide. 

The Shaolin Cowboy, c’est le Yin et le Yang

Geof Darrow cultive le sens du détail le plus infime et celui de la démesure apocalyptique. Cela donne des images aussi fouillées que celles que produisaient Moebius, le maître absolu de la science-fiction ligne claire, avec qui il a travaillé, et des séquences d’hyper violence burlesques dignes de Quentin Tarantino lorsqu’il filme Kill Bill ou Les 8 salopards. Capable de passer 125 pages sur un seul massacre de zombies titubants, l’américain Geof Darrow puise allègrement dans le cinéma de genre, western et Kung fu. Il a été enrôlé comme graphic designer de la saga Matrix dont il assure les effets spéciaux.

Il dessine pour le plaisir du dessin et parce qu'il a quelque chose à nous raconter des États-Unis.

L’Amérique que je dessine est très puritaine, religieuse, raciste et violente. Elle l’a toujours été, mais elle l’est de plus en plus. Je me sens coupable : je dessine tout ça, avec beaucoup de coups de feu et de sang, mais personnellement je suis absolument contre tout ce que cela représente.

Geof Darrow

The Shaolin cowboy, dont les éditions Futuropolis publient en trois volumes de 200 pages l’intégrale des aventures, n’a du cowboy que le jean bleu, la chemise rouge et le foulard jaune. Du moine Shaolin, notre héros peu bavard maîtrise les arts martiaux, le maniement du sabre japonais et le karaté survolté, quand il ne joue pas, plus sobrement et de manière très efficace, de la tronçonneuse.

Son terrain de jeu : les déserts caniculaires et les égouts putrides

Partout traînent quantité de déchets, rebuts de notre société de surconsommation.

En Amérique, et sans doute dans le monde entier, vous allez dans n’importe quel endroit, même le plus perdu, vous trouvez une boite de coca et un paquet de cigarettes vide. On traite le monde comme une grande poubelle. Ça me dégoûte.

Geof Darrow

Si le Shaolin cowboy ne dit pas grand-chose, dans ses histoires, les animaux parlent. Mention spéciale pour le mulet, fidèle compagnon aux commentaires caustiques.

Moebius disait de son copain qu’il était un mutant. Comme son héros aux yeux bridés, c’est aussi un sage. La preuve : Natif de Cedar rapids dans l’Iowa, passé par Chicago et la Californie, Geof Darrow habite aujourd’hui en Bretagne.  

The Shaolin cowboy, Geof Darrow, éd. Futuropolis

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