BD bande dessinée. Au secours des migrants en Méditerranée

Cet été, chaque samedi, une BD d'actualité et de reportage. "A bord de l'Aquarius" retrace la campagne de sauvetage du navire affrêté par l'ONG SOS Méditerranée.

Le drame des migrants, toujours aussi nombreux à tenter la traversée de la Méditerranée, restera comme un des faits majeurs des années 2010. Et ce n’est pas fini.

Ils tendent la main aux migrants

Les questions migratoires continuent à diviser l’Europe. L’Italie reste ferme sur son refus d’accueillir les réfugiés. La France déplore une hystérisation d’un sujet complexe et douloureux. Au début de l’été, la capitaine du navire humanitaire Sea-Watch était arrêtée pour être entrée de force dans le port de Lampedusa. Avant le Sea-Watch, l’Aquarius avait fait la une de l’actualité, en 2016 et 2017, quand le bateau croisait entre l’Europe et les côtes libyennes pour récupérer hommes, femmes et enfants livrés aux éléments.

En un peu plus de deux ans, son équipage a sauvé 25.000 personnes. Aujourd’hui, l’Aquarius ne navigue plus. L’Italie a obtenu que son pavillon lui soit retiré. De cette aventure humanitaire, deux Italiens on fait une BDreportage. Les personnages qui racontent cette histoire sont bien réels. Anthony, marin sauveteur breton, était connu à bord sous le pseudonyme de Panda.

Je suis marin depuis plus de 22 ans. Quand j’ai entendu à la radio que l’Aquarius était en mer, j’ai repensé à ce qu’on m’a appris à l’école maritime : la solidarité maritime. Aujourd’hui, des gens se noient et personne ne les aide. Régler un problème en se cachant les yeux n’est pas la bonne solution.

Panda, marin-sauveteur

Laura, 27 ans, était chargée de la communication à bord de l’Aquarius. Elle aussi apparait dans la BD.

Petit à petit, de mois en mois, on a vu la situation évoluer, les ports se fermer, les navires bloqués, les ONG criminalisées. La conséquence de tout ça, c’est plus de morts en mer. Personnellement, je trouve ça effrayant.

Laura, chargée de communication

L'horreur et l'espoir

La BD A bord de l’Aquarius ne cache rien des drames – les témoignages insoutenables des femmes violées, les récits de celles et ceux qui ont été réduits en esclavage en Lybie, les corps sans vie repêchés-, mais elle dit aussi l’espoir - les naissances à bord du bateau, les retrouvailles inespérées.  Marco Rizzo et Lelio Bonaccorso ont construit un récit en dégradés de gris d’où n’émerge que la couleur orange, celle des gilets de sauvetage et celle de la coque de ce navire refuge affrété alors par l’ONG SOS Méditerranée.

A bord de l’Aquarius, aux éditions Futuropolis.

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