BD, bande dessinée. À la place de l'autre

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Avec "Peau d'homme", Hubert et Zanzim offrent à leur héroïne le luxe de changer de sexe et d'apparence. Et prônent la tolérance pour toutes les relations amoureuses. 

Avant de juger les autres, peut-être faut-il se mettre à leur place. Mais ce qu'on découvre alors n'est pas forcément très beau non plus. Avec Hubert et Zanzim, la fable est aussi légère que sérieuse. 

Toutes les peaux se valent 

À voir les images faussement naïves, innocentes, du dessinateur Zanzim, on n’imaginerait pas que l’histoire de Peau d’homme est née de l’esprit d’un garçon en colère. Pourtant, c’est bien sous le coup de l’émotion, provoquée par la vague des rassemblements de la Manif pour tous, contre l’extension du mariage aux couples homosexuels, que le scénariste Hubert, honoré en 2015 du Prix Jacques Lob au festival de Blois, décide d’y répondre en composant une fable dont il situe l’action au Moyen Âge.

Bianca est promise par son père à un jeune homme de bonne famille. Lequel va l’épouser pour respecter les conventions sociales, même s’il n’a que faire des damoiselles : c’est sa nature, que voulez-vous. L’histoire se corse quand la marraine de la jolie fiancée révèle à celle-ci un secret bien gardé : de génération en génération, les femmes de la lignée se transmettent une peau d’homme qui, une fois enfilée, leur permet de goûter et de comprendre ce que vivent ces messieurs.

Se glisser dans le corps de l’autre, le rêve de tout enfant, dit-on

Habilement troussé, le conte, ici, verra Bianca devenu Lorenzo découvrir les caractéristiques de bien des mâles qu’il ou elle va croiser : une propension à jouer les petits coqs, à se penser supérieur à l’autre sexe et à ignorer les désirs féminins. Elle devient lui, redevient elle, ainsi va la fable légère au propos très sérieux. 

Hubert avait reçu une éducation catholique très fermée. Il était en colère de n’avoir pu être lui-même. La morale de l’histoire pourrait être : ce qui importe, finalement, c’est l’amour.

Le dessinateur Zanzim

Peau d’homme, déshabillé par Hubert, rhabillé par Zanzim, aux éditions Glénat.

Nous parlons d’Hubert au passé, car le talentueux scénariste nous a quittés brutalement, au mois de février, à l’âge de 49 ans. Il laisse une œuvre souvent marquée par les questions d’identité et le poids de la famille. On conseillera ici les lectures de Miss pas touche et de Beauté, avec au dessin, le couple Kerascoët, celle des Ogres Dieux avec Bertrand Gatignol ou encore Monsieur désire ?, avec la dessinatrice Virginie Augustin.

INFO MANGA
INFO MANGA (FRANCEINFO)

Tous les 15 jours, Jean-Christophe Ogier accueille ici la chronique "Info manga" de Lætitia de Germon de la rédaction de franceinfo.fr. Pour vous guider parmi les nombreuses parutions, Lætitia vous livre sa sélection et ses coups de cœur.

Drifting Dragons, de Taku Kuwabara, chez Pika 

Drifting Dragons
Drifting Dragons (© Taku Kuwabara / Kodansha Ltd. / Pika)

Un peu d'aventure et d'action avec ce titre qui n'est pas sans rappeler sans rappeler graphiquement Nausicaä de la vallée du vent, de Hayao Miyazaki.

Dans ce manga de fantasy, avec une bonne dose de steampunk, on suit une bande de pêcheurs de dragons. À bord du Quin Zaza, ils voguent sur une mer de nuages et font la chasse aux dragons qui sillonnent le ciel. Au-delà des moyens utilisés pour les attrapés, le mangaka nous explique aussi comment les cuisiner et les déguster. Pour l'auteur, manger est un des sens de la vie.

Chaque chapitre de ce premier tome donne lieu à une nouvelle chasse et à son lot de passages comiques. Au fur et à mesure de l'avancée de l'histoire, on rencontre six dragons, tous uniques et différents. Les dessins sont détaillés et offrent de beaux paysages. De quoi s'évader un peu.

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