Au fil de l'eau. Les centrales nucléaires vont-elles devoir s’adapter au réchauffement climatique ?

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Avec la sécheresse et le réchauffement climatique, faut-il repenser le mode de fonctionnement des centrales nucléaires ? Est-ce possible ? 

#AlertePollution

Rivières ou sols contaminés, déchets industriels abandonnés… Vous vivez à proximité d’un site pollué ?
Cliquez ici pour nous alerter !

Avec la sécheresse de l’été, le niveau des fleuves et des cours d’eau a baissé. De nombreuses centrales ont été obligées de réduire leur production et les deux réacteurs de la centrale de Chooz dans les Ardennes sont toujours à l’arrêt. Catherine Pottier reçoit Yves Marignac, expert indépendant auprès de l'ASN, responsable du pôle nucléaire et fossile à l’Institut négaWatt. 

Sans eau, impossible de faire fonctionner une centrale    

L’eau est indispensable au fonctionnement des réacteurs nucléaires. Après la fermeture de Fessenheim cette année en Alsace, il reste encore une quarantaine de centrales en France,  installées sur des fleuves et des rivières. Ces réacteurs représentent pratiquement la moitié des prélèvements d’eau douce effectués chaque année sur le territoire français. C’est quatre fois plus que l’agriculture, quatre fois plus que les besoins en eau potable, donc c’est considérable, et évidemment, on s’interroge sur la pérennité du système.  

Une menace pour l’écosystème ?  

Au niveau des cours d’eau, il y a effectivement un double enjeu sur le prélèvement en amont, qui n’est pas rejeté intégralement dans les cours d’eau, donc il y a un effet sur le débit, en aval des réacteurs, qui peut poser problème si il y a d’autres besoins en eau, mais aussi pour la faune et la flore.  Il y a aussi et surtout l’élévation de la température de l’eau rejetée. Comme elle sert à refroidir les réacteurs, l’eau rejetée est toujours plus chaude que l’eau prélevée. Ce problème de température est d’autant plus sensible lorsqu’on est en période de sécheresse, et que le débit du cours d’eau est moindre. Le rejet d’une eau trop chaude peut entraîner des perturbations sur les cycles de reproduction de certains poissons, c’est pourquoi les contraintes imposées au fonctionnement des centrales restent très strictes.  

Beaucoup de questions pour l’avenir

En ordre de grandeur, lorsque les réacteurs nucléaires fabriquent de l’électricité, il faut plusieurs dizaines de mètres cube d’eau par seconde pour les refroidir. Il n’y a pas d’échappatoire, pas d’alternative à ce besoin essentiel, ce qui interroge pour l’avenir.      

Vous êtes à nouveau en ligne