Au fil de l'eau. Et si on habitait sous la mer ?

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"La mer et l'espace sont les deux grandes aventures de notre époque", écrivait l'architecte et océnographe Jacques Rougerie, en 1978, "les seules qui autorisent encore à rêver"... Vivre sous la mer, c'est la question abordée dans "Au fil de l'eau", aujourd'hui, avec Jacques Rougerie.  

L'architecte et océanographe Jacques Rougerie a imaginé et conçu plusieurs habitats sous-marins. Il a été fortement influencé par l'explorateur Jacques-Yves Cousteau qui a permis de faire découvrir "le continent bleu", l'Antarctique, à des millions de téléspectateurs dans les années 70. C'est à cette époque que Jacques Rougerie conçoit ses premiers projets d'habitats sous-marins. 

On peut citer le "village sous la mer’’ des Îles Vierges aux États-Unis, un habitat conçu pour vivre et travailler sous la mer. En 1977, il crée la première maison sous-marine baptisée "Galathée", puis quatre ans plus tard l'habitat subaquatique ’’Hippocampe".  

Vivre sous l'eau : Un rêve ancien mais toujours d'actualité  

L'astronaute Megan Mc Arthur qui est actuellement à bord de la Station spatiale internationale avec Thomas Pesquet, a elle-même participé en 2016 à une mission à bord de l'habitat sous-marin Aquarius. C'est un laboratoire voué à la recherche en science et en gestion des ressources côtières et océanographiques. Aquarius est submergé à 19 mètres de profondeurs au large de Key Largo en Floride et il peut accueillir un équipage de 6 personnes.

Ce qui me fascine dans l'habitat sous-marin, c'est que cela permet de vivre autrement. C'est un univers magique, presque mystérieux.

Jacques Rougerie, architecte, océanographe

"Un corps immergé se trouve dans la troisième dimension et les déplacements n'ont rien à voir avec ce que nous connaissons sur terre, les sensations sont tout à fait différentes", ajoute Jacques Rougerie qui explique que vivre sous la mer permet de mieux connaître les ressources de l'Océan. "L’Océan est source d'énergie" dit-il, "c'est une source de nourriture également mais aussi une mine d'or pour la pharmacopée et les biotechnologies de demain".

Jacques Rougerie explique qu'on ne connaît encore que très peu de choses sur l'océan, rien sur les sources thermales par exemple, "c'est un immense champ d'espoir pour l'humanité".  

Jacques Rougerie (à gauche), le créateur de l\'Aquanaute et de l\'Aqua-bulle, et Jean-Michel Cousteau (au centre), fils de Jacques-Yves Cousteau, fêtent, le 11 juillet 1999 à l\'Ile des Embiez, les 96 ans du commandant Philippe Tailliez (à droite), inventeur du scaphandre autonome.
Jacques Rougerie (à gauche), le créateur de l'Aquanaute et de l'Aqua-bulle, et Jean-Michel Cousteau (au centre), fils de Jacques-Yves Cousteau, fêtent, le 11 juillet 1999 à l'Ile des Embiez, les 96 ans du commandant Philippe Tailliez (à droite), inventeur du scaphandre autonome. (VALERIE MACON / AFP)

L'aventure Sea Orbiter  

Au début des années 2000, Jacques Rougerie met au point le projet Sea Orbiter, un navire d'exploration des abysses d'une hauteur de 58 mètres dont 31 mètres immergés. À bord du vaisseau, 12 niveaux, une vingtaine d'hommes d'équipage, des scientifiques et un laboratoire. "Je voulais faire une dérive à travers le Gulf Stream pour comprendre l'impact des courants marins sur les océans, les migrations et le climat."

Ce projet a amené les équipes de Jacques Rougerie à construire un vaisseau "vertical" d'une très grande stabilité. L'architecte explique que le principe ressemble un peu à celui de la Station spatiale internationale car il permettait d'avoir une base de vie sous-marine et de pouvoir mener des explorations sous-marines sans avoir à remonter à la surface. Une pépite technologique. Le projet est actuellement au point mort faute de financement mais Jacques Rougerie y croit encore et ne compte pas baisser les bras.      

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