Vanité et fatalité

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A première vue, ils sont partout. Ils crèvent l’écran et nous en avons tous dans nos entourages. On les côtoie ou supporte tant bien que mal dans les réunions de famille, au bureau, dans la vie politique ou dans les médias ou ils font florès.

Bref, ils sont
omniprésents, incontournables et chaque jour que Dieu fait, chacun de nous en
rencontre un ou deux. Disons le tout de suite, ces gens là sont une race à part
mais qui prolifère dans toutes les couches de la société. Il y en a de riches
et de pauvres. D’instruits et de béotiens. De droite comme de gauche. Mais ils
se reconnaissent entre eux et semblent jouir d’une espèce d’impunité
chromosomique. "Ils", ce sont les… crâneurs.

Les crâneurs, les "cacous", les bellâtres, les Mickeys. Ceux qui passent leur temps à frimer,
rouler des mécaniques, donner des leçons, pavoiser et tout le toutim.

Le plus brillant
représentant de ce groupe humain, c’est bien sur le commandant du Costa
Concordia
. Il porte beau. Il fanfaronne. Il parade. Il frôle les côtes pour montrer
son rutilant paquebot à la famille d’un de ses subordonnés et déclenche un
naufrage meurtrier. Tout comme le commandant du Titanic avait pris la route des
icebergs pour aller plus vite et faire le beau. Tout comme en juin 73, au salon
aéronautique du Bourget le pilote d’essai du Tupolev 144 avait voulu surpasser
le Concorde et entrainé le crash meurtrier de Goussainville.

On pourrait
multiplier les exemples de tragédies plus ou moins sanglantes directement
provoquées, non par l’incompétence ou la fatalité, mais par cette spécialité
humaine, trop humaine, qu’on appelle vanité. Méfions-nous des crâneurs. Ils
sont hélas la preuve que le ridicule tue. Mais il tue…les autres.