Un débat subliminal

A première vue, il faut se méfier du subliminal. Surtout dans l’audiovisuel. Hier soir par exemple, il était impossible d’échapper au débat télévisé présidentiel. Même en zappant. Même en naviguant dans les profondeurs de la TNT, du câble et du satellite. A croire que toutes les chaines s’étaient passées le mot pour évoquer, elles aussi, le duel Sarkozy - Hollande.

Première partie de soirée. Sur M6, l’émission "Maison
à vendre". Au moins c’est clair. Sur Direct 8, "Présumé
innocent". Choisissez lequel. Sur NRJ, "Super bêtisier de
l’année". No comment. Sur Ciné Emotion, "Ah si j’étais
riche !". C’est bien la question. Sur Ciné Classic, "Des pas
dans le brouillard". Tiens, tiens. Sur Histoire, "Au cœur de la
tempête". Bien vu. Et sur Ciné Fx, un film d’horreur "Ring
Zéro". Encore bien vu.

Deuxième partie de soirée. Sur TF1, "New York, section
criminelle". Ca tombe bien, ils venaient de parler de DSK. Sur M6, "C’est du propre". Encore bien vu. Sur la 5, "Silence, ca
pousse". Oui, mais quoi ? Sur Arte, "Un virtuose sans
égal". Oui, mais lequel ? Sur Planète, "Faites entrer
l’accusé" Oui, mais lequel ?

Et sur Ciné Emotions, "Je veux que tu t’en
ailles". Ca ne s’invente pas.

Enfin, dernière partie de soirée, largement après minuit.
Toujours plus de subliminal. Sur France 5, "C’est notre affaire".
Pas de doute là dessus. Sur W9, "A mourir de rire". No comment. Sur
France 4, "Le job de mes rêves". Décidément. Enfin sur Direct 8, "Langue de bois s’abstenir". On peut toujours y croire.

 

Au total, subliminal mis à part, le vrai débat aura duré
2h50 (record) et nous aura gavés de chiffres contradictoires. 137 au total (re
record). Pour paraphraser Churchill, « jamais autant d’hommes n’auront
reçu autant de chiffres de la part de si peu d’entre eux ». Et pour citer
Jean Dutourd, « Faire parler un homme politique de ses projets, c’est
comme demander à un garçon de restaurant si le menu est bon. »

 

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