Les oubliés du 11 septembre

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A première vue, ce sont "les oubliés du 11 septembre" : non pas les 2976 victimes officiellement recensées dans les attentats d’il y a dix ans, ni les courageux passagers du vol 93, ni les héroïques pompiers qui ont péri dans les décombres du World Trade Center, ni le méchant Bush, le gentil Obama ou l’affreux Ben Laden. Non, les oubliés sont les survivants.

Sauveteurs, voisins, témoins, passants, qui souffrent encore aujourd’hui de ces "dégâts collatéraux", de ces "blessures invisibles" que les psychiatres appellent PTSD, "syndrome post traumatique".

Selon les psys américains qui ont transformé la tragédie en colossal chantier thérapeutique, il y a eu ce jour là 409 000 personnes prises dans le premier cercle de la tragédie. Et sur ces 409 000 témoins directs et très proches des attentats, 70 000 ont directement ou probablement souffert du syndrome post traumatique.

Avec les trois symptômes qui en font la spécificité.
L’intrusion : obsession, cauchemars, flashbacks.
L’évitement : anxiété, phobies, repli sur soi.
_ L’hyperstimulation : irritabilité, violence, dépression.

Autant de symptômes déjà connus et répertoriés depuis belle lurette par les médecins militaires qui examinent les soldats de retour du front. Les survivants du World Trade Center souffrent des mêmes maux qu’autrefois les vétérans du Vietnam ou aujourd’hui les GI’S tout juste rentrés d’Irak et d’Afghanistan, les guerres déclenchées par le 11 septembre.

D’où cette interrogation : est ce la guerre qui provoque le traumatisme ou le traumatisme qui provoque la guerre ? Cette question, l’homme ne l’a jamais résolue. Le cercle vicieux par excellence. C’est pourquoi il y aura toujours des guerres. Avec leurs morts répertoriés, leurs héros célébrés, leurs faits d’armes commémorés.

Et leurs blessés… oubliés.

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