Les oreilles d'Obama

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A première vue, ce n'est pas joli joli d'écouter aux portes ou de regarder par les trous de serrure de ses amis les plus fidèles ou supposés tels.

L'Agence de renseignements américaine NSA s'est livrée depuis des années à des écoutes aux dépends de l'Union Européenne en général et de la quasi totalité de ses
membres. Tous ont été espionnés électroniquement
comme l'étaient acoustiquement les vulgaires soviétiques du temps de la guerre
froide. Alors on comprend que pour une fois sur la même longueur d'ondes,
l'Allemande Merkel et le Français Hollande fassent la tronche.

Mais cette sainte
colère ne doit pas faire oublier une sacrée dose d'hypocrisie. D'abord de la part
des Etats Unis qui passent leur temps à se présenter comme la plus grande
démocratie du monde et à ce titre donnent à l'univers et en permanence des
leçons de morale et de fidélité à la planète entière.

La colère ne doit pas faire oublier une sacrée dose d'hypocrisie

Ensuite de la part
de Barack Obama, on n'imagine même pas ce qui serait arrivé si le scandale
avait éclaté sous son prédécesseur Georges Bush. La toute puissance des
multiples agences de renseignements est autant utilisée par l'élégant président
que le monde entier respecte et qui décidément mérite chaque jour un peu moins
son prix Nobel de la paix.

Enfin, grandiose
hypocrisie des pays espionnés qui hurlent à la trahison alors que les plus
puissants d'entre eux, notamment la France et l'Allemagne font exactement
pareil avec leurs propres services de renseignements. Depuis des lustres,
l'espionnage consiste à écouter tout le monde et tout le temps et pas seulement
ses ennemis supposés. Dans le petit monde du renseignement, les notions d'ami
et d'ennemi sont très fluctuantes sauf peut-être en matière de terrorisme.

Et trois règles
s'imposent. Pas vu, pas pris. Pas entendu, pas compris. Enfin, comme on disait
pendant la guerre : les murs ont des oreilles et celles d'Obama sont
grandes.

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