Les grossièretés

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

A première vue, c'est pratique les injures. Ca compense l'absence de talent ou la pauvreté des arguments. Ca donne un sentiment de virilité et ca a le mérite de faire du buzz, du vacarme, du tintamarre ce qui aujourd'hui n'a pas de prix. Mieux vaut faire parler de soi en mal que de ne pas faire parler du tout.

Regardez les Bedos, père et fils, humoristes héréditaires.
Fin septembre, Nicolas le fils passe une nuit en garde à vue après une chute de
scooter façon Depardieu. Et que dit-il à la sortie ? "Un flic qui
boit n'est pas un délinquant c'est un pléonasme
". Très drôle mais
beaucoup moins que Guy, le père quand au cours d'un spectacle il traite
l'ancien ministre UMP Nadine Morano de "conne et de salope " puis se
justifie en revendiquant un style rabelaisien et en se présentant comme le
Dreyfus des humoristes. Quelle classe.

Et le pire c'est que c'est contagieux. Tellement drôle,
Bedos qu'il a inspiré un certain Jean Bourdeau, attaché parlementaire
socialiste au sénat. Lui aussi sur Twitter emploie les mots de "conne et
de salope" pour qualifier la députée du FN Marion Maréchal Le Pen. Et d'ajouter
que les électeurs du Front sont des "beaufs à tête de bœufs". Il a
raison c'est surement comme ca qu'on arrivera à lutter contre l'extrême droite.

En fait la grossièreté est avant tout un aveu d'impuissance
et de médiocrité. Ce qui est vrai en politique l'est aussi en sport. Les
footballeurs français qui passent leur temps à mépriser leurs supporters,
insulter leurs entraineurs et cracher sur les journalistes en savent quelque
chose en écopant d'un sondage affreux. 82% des Français ne les aiment pas et
73% les trouvent grossiers.

Mais bon, on leur pardonne et aux autres aussi. Comme disait
Socrate, "mieux vaut encore subir l'injure que la commettre ".