Le XV de France confronté à un problème politique

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A première vue, au rugby c’est comme au boulot : la qualité du travail dépend de l’ambiance dans l’équipe et aussi du niveau du management, bref de la gestion des ressources humaines. On ne répètera jamais assez l’importance de la DRH.

Et s’agissant du XV de France, coté DRH, ca craint. D’ou de vives inquiétudes sur l’avenir des Bleus en coupe du monde. Les onze changements opérés pour affronter le Canada illustrent la tactique du "turnover permanent" inventée par le coach. On change de capitaine. On déplace à l’aile le meilleur trois quart centre. On replace à l’arrière un intermittent du spectacle. On retripote une charnière cent fois bricolée et on laisse sur le banc le talonneur actuellement le plus en forme.

Mais surtout, on infantilise les joueurs en pratiquant la fessée publique et le bonnet d’âne. Dénoncer devant la presse les fautes de machin, la lenteur de truc et le dilettantisme de chose n’est pas la meilleure façon de resserrer les rangs. Au bureau comme au rugby, il y a des choses qui ne doivent pas sortir du huis clos du briefing.

De même, ne pas vouloir former d’équipe type, laisser entendre que tout le monde a le droit de jouer, que de toutes façons les deux premiers matchs de poule serviront d’entrainement et que, une fois la coupe du monde terminée, on rendra son tablier d’entraineur pour reprendre une vie normale n’est pas le meilleur moyen d’asseoir son autorité.

Pas étonnant qu’on entende un joueur se moquer des consignes du coach, dignes selon lui du "rugby pour les nuls", tandis qu’un autre réclame "un peu de psychologie" et qu’un troisième boude ouvertement. On touche là au cœur du problème du XV de France. L’absence d’autorité. C’est un problème quasi politique. Il y a vacance du pouvoir. Même les meilleurs joueurs du monde n’y résisteraient pas. Au rugby, c’est comme au bureau.

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