Le succès d'estime de la primaire socialiste

A première vue, la primaire socialiste tourne au casse tête. Médiatique, d’abord. Car les succès d’audience de cette espèce de "Star Ac" socialo socialiste font littéralement exploser les compteurs du CSA qui veille à l’équilibre quantitatif des temps de parole dans l’audiovisuel.

Le publicitaire Jacques Séguéla, jamais avare de formules, parle de "hold-up médiatique du siècle". Au total, 8 heures de télé rien que pour la gauche et des audimats au diapason. Soit dit en passant, c’est plutôt rassurant quand on se souvient que DSK avait réuni 13 millions de téléspectateurs sur TF1 pour parler de choses légèrement moins glorieuses.

Casse tête pour la droite qui aura une fois encore fait étalage de ses divergences. Sarkozy qui voit dans la primaire une atteinte à l’esprit de la Ve république, quand Fillon trouve le processus moderne et que Juppé prépare dit-on une initiative pour contrer le succès d’estime engrangé par le PS.

Casse tête aussi pour la gauche car en dépit des précautions oratoires prises par les débatteurs, François Hollande, s’il est qualifié au second tour, aura toutes les peines du monde à se débarrasser de l’étiquette "gauche molle" que Mme Aubry a gentiment collée sur son veston de présidentiable. Nul doute que la droite en fera bon usage ultérieurement.

Il n’empêche. Comme aurait dit Coluche, la primaire socialiste aura fait avancer le Schmilblick. Cet exercice de démocratie directe ne peut que rapprocher les citoyens de leurs élites supposées et rétrécir le fameux fossé entre le pays légal et le pays réel. Cela dit, la primaire n’est qu’un échauffement. Un entrainement avant le vrai match. En 2012, finis les fleurets mouchetés. Oubliés les pistolets à eau. Ce sera du tir à balles réelles. On a joué à l’élection présidentielle. Ce sera une tout autre histoire avec le vrai scrutin. Comme disait Marx, “il ne faut pas prendre les conquêtes partielles pour des fins en soi.

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