Le crime ne paie pas..toujours

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A première vue, enfin du nouveau dans la tuerie de Chevaline, en Haute Savoie. Il y aura désormais, nous dit-on, une "ECE", c'est à dire une équipe commune d'enquête réunissant au sein du même groupe d'investigation les juges d'instruction français, les procureurs anglais, les gendarmes savoyards et les policiers britanniques du comté de Surrey.

Incontestablement
une bonne nouvelle, mais qui en cache une mauvaise. Car si cette structure a
été crée vendredi, c'est en raison du retard déjà pris par l'enquête, à cause
du temps perdu à rédiger de ce coté ci de la Manche des actes d'instruction ou
des commissions rogatoires qui ont ensuite été refusées de l'autre coté du
Channel au motif qu'elles étaient insuffisamment motivées au regard du droit
pénal anglais. Élémentaire mon cher Watson.

Ce retard à
l'allumage pris par les enquêteurs, s'ajoutant aux longues heures perdues lors
de la fameuse sécurisation de la scène de crime n'augure rien de bon. Et toutes
les conditions sont hélas réunies pour que le mystère de Chevaline soit
extrêmement difficile à percer.

Pour résoudre une
énigme criminelle, les enquêteurs ont besoin de témoignages, d'indices et de
mobiles. Pour autant qu'on le sache, (mais on ne sait pas forcément tout), les
témoins n'ont rien révélé d'essentiel. Les téléphones portables non plus. il
n'y aurait pas de traces génétiques, ni de mobile apparent étant entendu que
l'argent, la convoitise, la vengeance, le sexe, la haine, la folie ou le hasard
sont les moteurs habituels de l'activité criminelle.

Bien sur, il est trop tôt pour dire que l'enquête
n'aboutira pas, mais il est déjà trop tard pour prétendre qu'elle a bien
commencé. Et on est bien obligé de se souvenir qu'en France, sur une moyenne
annuelle d'un millier de crimes, 200 ne sont pas résolus. 1 sur 5 reste un
mystère. Si le crime ne paie pas, l'enquête ne rapporte pas toujours non plus.

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