Le bûcher des vanités

A première vue, une coupe du monde peut en cacher une autre, quelle que soit la forme du ballon. Un an après le mondial de foot en Afrique du Sud, c’est celui de rugby en Nouvelle-Zélande qui accouche coté français du même psychodrame digne de la téléréalité. Car d’un sport collectif à l’autre, les mêmes causes, dans les mêmes conditions produisent les mêmes effets. Humiliation. Incompréhension.

Avec toutefois une différence de taille. Après leur pitoyable déroute face aux Tongiens, on a vu les rugbymen français piteux et penauds présenter leurs excuses aux supporters et leur coach cramoisi Lièvremont faire un mea culpa télévisé assez poignant. On est là à des années-lumière des insultes d’un Anelka ou des clowneries d’un Domenech.

Pourquoi ne pas reconnaître qu’on a été touchés par ce "plaider coupable" collectif assez inhabituel par les temps qui courent ? Comment ne pas éprouver de la peine en voyant Lièvremont faire son autocritique sans fausse pudeur ? Tout ça inspire du respect, à défaut de corriger l’incroyable sensation de gâchis que nous laisse la correction infligée au rugby professionnel made in France par le rugby de papa Tonga. On retiendra que dans ce sport, ce sont toujours ceux qui ont faim qui mangent le mieux. Et qu’il ne suffit pas de suivre tristement un stage préparatoire digne de la Nasa pour rivaliser avec de vaillants joueurs qui s’entrainent peut être avec des noix de coco, mais le font joyeusement.

Cela dit, on ne tirera pas sur l’ambulance du XV de France. Pour une bonne raison : les Anglais sont assez grands pour le faire tout seuls, samedi prochain. Et sauf colossale révolte, les Bleus ont à peu près autant de chance de les battre le 8 octobre 2011 à Auckland que Jeanne d’Arc en avait de leur échapper le 30 mai 1431 à Rouen. Ce qu’on risque, c’est un nouveau bûcher, le "bûcher des vanités".

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