Le banc d'essai des présidentiables

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A première vue, rien de tel qu’une campagne ou pré campagne électorale pour accoucher de somptueux néologismes. Tout le monde a encore en mémoire la "bravitude" inventée en 2007 par une Ségolène Royal alors au sommet de sa forme. Depuis quelques jours ce sont les politologues qui ont enrichi le vocabulaire français d’un mot nouveau, la "présidentialité".

Apparemment, c’est une génération spontanée, une expression inspirée directement par la primaire du parti socialiste, dont le premier tour se déroule dimanche prochain et qui a pour but de départager les six candidats socialistes ou apparentés qui souhaitent affronter Sarkozy.

Autrement dit d’évaluer la "présidentialité" de chacun. Sans que les politologues expliquent vraiment ce qu’ils entendent par là, on comprend aisément que cette "présidentialité" est la somme des conditions nécessaires sinon suffisantes pour faire un "présidentiable". Un mélange de carrure, de posture et de stature.

Le label de "présidentialité" tiendrait au moins autant à la forme qu’au fond. Aux apparences qu’aux idées. Le bon candidat ferait presque oublier qu’il n’est que candidat et presque comprendre qu’il serait incontournable. La "présidentialité" serait d’accepter le débat tout en donnant l’impression qu’on a encore beaucoup mieux à faire.

Dans ces conditions, on imagine assez bien que ce concept de "présidentialité" a été taillé sur mesure pour l’actuel favori des sondages socialiste. On voit bien qu’en face, chez Sarkozy, c’est un autre concept, celui de la "capacité" qui sera mis en avant pendant la campagne. Et à la fin, celui ou celle qui gagnera sera celui ou celle qui aura ouvertement prouvé "ne pas rechercher un avenir politique mais un destin pour le pays". Le mot est de Georges Pompidou. Il était sans le savoir l’inventeur de la "présidentialité". Concept pas si moderne que ca mais plus que jamais d’actualité.

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