La rue appartient à celui qui y descend

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A première vue, comme disait la chanson, "la rue appartient à celui qui y descend". Sauf que la chanson en question est complètement hors sujet et même à coté de la plaque puisqu'il s'agit d'un chant de parachutistes. Et que les manifestations de rue dont il est aujourd'hui question ne mettent pas en scène une quelconque soldatesque mais les bataillons civils de la contestation syndicale.

On aura vu aujourd'hui à Paris et dans une
demi-douzaine de grandes villes les militants et sympathisants de la CGT
défiler pour la défense de l'industrie et pour l'emploi. Vaste programme. Tout
comme on a vu il y a dix jours sur le pavé parisien les militants et
sympathisants du Front de Gauche et d'une soixantaine d'organisations défiler
contre l'austérité et le traité européen. Vaste programme également.

Bref, les cortèges fleurissent. Pour les centrales
syndicales confrontées à une sous-représentativité chronique et à un délicat
renouvellement de leurs instances dirigeantes, l'exercice de la manif est une
tradition à laquelle on ne saurait déroger même quand la gauche est aux
affaires. Pour Mélenchon, qui a réinventé non sans succès les meetings en plein
air pendant la campagne électorale, la rue est un nouveau terrain de jeu
politique tout plein de promesses. Et à défaut de "Mélenchon, combien de
divisions ?"
, on se demandera désormais "Mélenchon, combien de
manifestants ?"

Chaque année, à Paris où les cortèges non autorisés ne sont
que très peu nombreux, signe de bonne santé démocratique, environ deux millions
de manifestants descendent dans la rue. Souvent un peu plus quand c'est la
droite qui est au pouvoir. Avec François Hollande à l'Elysée, les paris sont
ouverts.

Car si le pouvoir n'est que rarement dans la rue,
heureusement, le contre pouvoir s'y installe fréquemment. Et comme chantent les
paras, elle appartient, la rue, "à celui qui y descend".

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