La règle des trois temps

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A première vue, les artistes, les sportifs et les politiques ont un point commun. Tous doivent se plier dans leurs activités respectives à la règle non écrite des " trois temps ". Le début, le milieu, la fin. C'est ça qu'il convient de travailler.

Une chanson, une
symphonie ou une œuvre de jazz doivent commencer et finir brillamment pour
qu'au milieu s'installe la mélodie. Un match de foot ou de rugby se gagne ou se
perd souvent au coup d'envoi ou dans le dernier quart d'heure. Et un chef
d'état est jugé à la fois sur ses débuts, sur son bilan et sur sa sortie.

De ce coté là,
divine surprise. Monsieur Sarkozy aura soigné son départ, réussi sa sortie. Son
discours de défaite très sobre à la Mutualité, l'invitation faite à Hollande de
partager le souvenir du 8 mai, et celle faite à son entourage de respecter le
choix des Français, tout ça est impeccable.

Aussi impeccable que
détestables furent les débuts. Fouquet's, vacances m'as tu vu, vie privée
surexposée, fiston pistonné, image gâchée. Quant au milieu, au corpus du
quinquennat, bref à ce que Sarkozy a bien fait, mal fait ou pas fait pour la
France et pour l'Europe, en un mot son bilan, la seule chose qui devrait
compter si les électeurs n'étaient pas aussi des hommes et des femmes avec
leurs passions et détestations...son bilan sera peut être mieux jugé par
l'histoire que par les urnes.

Sauf un point de
détail, comme dirait l'autre. La division de son propre camp. Aux yeux d'une
partie de la droite, qu'on appelle tantôt chiraquienne ou gaulliste ou
humaniste, Monsieur Sarkozy a trahi son camp trois fois dans sa carrière. D'abord en
soutenant Balladur. Puis en désacralisant la fonction présidentielle et
finalement en faisant gagner la gauche. Bref, au début, au milieu et à la fin.