La peur n'évite pas le danger

A première vue, dans notre univers de dictature de l'image, l'image n'en est pas pour autant toute puissante. Bien sûr sans les très jolies publicités sexy montrant sur les abribus les formes parfaites et pulpeuses des top models gansés dans leur affriolante lingerie, les fabricants de soutien gorges et p'tites culottes vendraient surement moins de matos.

De même sans les
pubs télé de quelques une des plus belles stars du monde, des géants du luxe
comme Dior ou Chanel perdraient du chiffre d'affaire. Bref, c'est pas pour des
prunes que la publicité existe. Cela marche et c'est le principal carburant d'une
société de consommation.

Mais faut bien reconnaître que l'inverse ne fonctionne pas.
L'inverse, c'est à dire la contre publicité. Les images choc qui sont censées
limiter les dégâts causés par des fléaux collectifs.

Par exemple, si la mortalité routière a considérablement
baissé en France, et continue de le faire, ce n'est pas grâce aux quelques
spots télévisés ultra agressifs montrant des accidents et que la sécurité
routière avait cru bon de diffuser en prime time, mais bien grâce à la
multiplication des radars, des contrôles d'alcoolémie et des retraits de
permis. Bref, de la répression.

Pareil pour la lutte contre le tabagisme. D'après une étude
réalisée par des chercheurs anglais auprès d'un millier de jeunes, les bandeaux "fumer tue" et les photos toutes plus horribles les unes que les
autres (poumons noircis, bouches édentées, cancers en gros plan) que l'on peut
voir au dos des paquets de cigarettes n'ont pratiquement aucun effet dissuasif
sur les fumeurs. Tout cela est trop "premier degré". Pour empêcher
les fumeurs de fumer il faudrait simplement tripler le prix du paquet. Mais la
thérapie par la peur n'existe pas et comme dit le philosophe, "la peur
n'évite pas le danger".

Vous êtes à nouveau en ligne