La dictature des minorités

A première vue, et c'est du moins ce qu'on nous apprend à l'école de la République, cette fameuse école laïque que le monde entier nous envie, à première vue, donc, la Démocratie, c'est la loi du plus grand nombre. On a raison quand on est plus nombreux que ceux qui pensent différemment et qui du coup ont tort, mais qui ont cependant le droit de s'exprimer, de râler de manifester ; bref de s'opposer.

N'empêche que celui qui exerce le pouvoir est celui qui a obtenu la majorité, qu'elle soit large ou ténue. Une voix de plus que 50% suffit à assurer une victoire et c'est bien ainsi. C'est à cela que l'on reconnaît les démocraties, le pire des régimes à l'exception de tous les autres.

Ce qui est plus étrange et carrément sidérant, c'est le glissement progressif de cette règle du " plus grand nombre vers la loi du " plus bruyant ", laquelle nous vient tout droit de la " bien pensance ", elle même enfantée par la dictature du " politiquement correct ".

Car de nos jours et suivant une mode comme toujours importée des Etats Unis que nous adorons détester mais ne cessons jamais d'imiter, de nos jours donc, ce n'est plus de la majorité des gens      qu' on se soucie, mais des minorités. Qu'elles soient organisées en lobbies, qu'elles pratiquent le communautarisme, le sectarisme ou tel ou tel particularisme idéologique, religieux ou sexuel, il n'y en a plus que pour les minorités qui par nature sont " agissantes " alors que la majorité est comme chacun sait " silencieuse ".

Ce glissement des grandes démocraties vers le dorlottage systématique de tout ce qui est minoritaire, marginal, différent voire dérangeant est d'autant plus inquiétant qu'il prétend s'imposer au nom de la lutte contre tous les racismes, s'appuie sur une caricature de pensée pseudo égalitariste et pourrait menacer à termes les fondements d'une société qui a sans doutes d'énormes défauts mais aussi d'infinies qualités.

Toutes les dictatures sont insupportables, y compris celles des minorités.