La com' de crise de DSK

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A première vue, c’était beau comme un grand oral de Sciences Po, option communication de crise. Maitrisé sur la forme. Contestable sur le fond. Et chaque téléspectateur n’y trouvera pas forcément ce qu’il attendait.

Les femmes en général devront se contenter de la notion de faute morale dont il n’est pas fier. Plus le traditionnel hommage à l’épouse bafouée forcément qualifiée d’“exceptionnelle” ce qui est le minimum syndical.

Naffisatou Diallo, elle, c’est la méchante de l’histoire. Une archi -menteuse qui a des motivations financières, même si elle n’est pas une « relation tarifée » comme on dit à la télé pour éviter le mot qui commence par p...

Car hier soir, l’exercice consistait à naviguer entre les mots pour suivre au millimètre le plan de com’ préparé et répété avec une petite armée de conseillers. D’abord la contrition. Des regrets mais pas d’excuses. Ensuite la victimisation. “J’ai eu peur, très peur. J’ai vécu des choses violentes”. Puis la colère. Contre les journalistes et notamment l’Express, qualifié de « tabloïd ». Contre la justice américaine, “machine à broyer ou l’argent joue un trop grand rôle”. Ce qui dans la bouche de DSK prend une saveur particulière. Enfin une promesse : “cette légèreté, je l’ai perdue pour toujours”.

Circulez, y a plus rien à voir. Sauf deux choses. Les compliments, le baiser qui tue à Mme Aubry, plus que jamais étiquetée candidate par procuration. Et l’extraordinaire vanité qui fait dire à DSK qu’il a “manqué son rendez vous avec les Français”. Sous entendu : j’aurais gagné s’il n’y avait pas eu la femme de chambre.

D’où le seul instant de spontanéité de la soirée, quand il répète, songeur et pathétique : “je n’ai pas fini de le regretter”. Là-dessus, on veut bien le croire. Pour le reste, peu importe. L’exercice ne manquait pas de gravité. Ni de savoir faire médiatique. L’homme n’a rien perdu de sa superbe. C’est son histoire qui ne l’est plus.

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