"L'ânerie" de Manuel Valls

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A première vue, on aimerait bien savoir ce que le ministre de l'éducation, Vincent Peillon, pense de son collègue de l'intérieur, Manuel Valls. Non pas ce qu'il en pense en général, ni même à propos de la polémique sur les Roms (qui valent à Manuel Valls une popularité record et une plainte du MRAP, ce qui n'est pas contradictoire). Mais à propos de la petite phrase qu'il a prononcée devant quelques journalistes, il y a trois jours à Forbach.

Manuel Valls,
actuellement en tournée anti Front national, a soudainement élargi la palette
de son argumentaire basique en déclarant : "historiquement, c'est la
gauche qui a inventé la nation en 1789.
 ". Point barre et rien que ca. D'où
il faut déduire que la nation française n'existait pas avant la révolution, que
c'est quelque chose qui a été "inventé " et qu'il faut en créditer
la seule gauche.

Voilà de quoi
révolutionner aussi les manuels scolaires. Et s'interroger sur l'argumentaire
de Manuel Valls.

D'abord, personne
n'invente une nation. Elle est le fruit de l'histoire. Elle est un héritage, mélangé de bonnes et mauvaises choses, de tradition, de culture, de langue et
de comportements. Qu'il le veuille ou non, la nation française préexiste
évidemment à la révolution. Elle intègre l'actif et le passif de la monarchie,
dont les institutions n'ont d'ailleurs pas fait table rase, comme en témoigne
l'exercice du pouvoir dans notre étrange République.

Ensuite, il est
assez schématique de prétendre que la révolution de 1789 était de gauche. Dans
"L'histoire de France pour les nuls ", la thèse pourrait se défendre.
Mais pour les historiens, c'est un vrai gag et pour les marxistes une contrevérité, pour qui 1789 fut d'abord une victoire de la bourgeoisie sur la
noblesse.

Bref, la gauche a
sans doute inventé beaucoup de choses. Mais ni la patrie, ni la nation, ni le
sang de nos pères, ni le territoire qu'ils nous ont légués. Manuel Valls nous
excusera, mais on a une fois de plus la preuve que c'est en voulant combattre
le Front national que les hommes politiques disent les plus grosses âneries. Fâcheux.

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