Kouchner bouge encore

A première vue, si la vie politique peut fort bien se passer de Bernard Kouchner, l'inverse ne semble pas vrai. A l'âge de 73 ans l'ancien french doctor aux équilibres idéologiques variables, (un tiers mondiste / deux tiers mondain) a déjà réussi à s'intégrer aux entourages successifs de Mitterrand, de Jospin et de Sarkozy avec une énergie, une gouaille et une absence d'amour propre tout à fait remarquables.

Aujourd'hui qu'il y a le Mali, c'est à un quatrième
entourage que Kouchner, jamais rassasié, rêve de se greffer : celui du président
Hollande. Et il le dit tout de go dans une interview au journal Le Parisien ,
interview en forme de rentrée politique et de sortie de placard. Du moins
semble-t-il l'espérer.

L'ancien ministre des Affaires Etrangères de Sarkozy se dit "agréablement surpris " que François Hollande
ait décidé aussi rapidement d'intervenir militairement au Mali. Selon Kouchner, "si le chef de l'Etat n'était pas réputé pour connaître le monde
international, il est en train d'apprendre et vite
". Fin de citation.
Roulements de tambours. C'est un véritable brevet de chef de guerre de première
classe que le professeur Kouchner décerne à l'élève Hollande.

Peut-être a-t-il raison sur le fond mais sur la forme, le
compliment pourrait presque embarrasser l'Elysée. Quand on se souvient avec
quelle docilité masochiste le même Kouchner avait servi de tête de gondole à la
politique d'ouverture de Sarkozy et quand on mesure quel est aujourd'hui son
crédit auprès de ses anciens amis socialistes, on doit se pincer pour être sur de ne
pas rêver.

Mais en fait, c'est lui qui rêve. De revenir aux affaires.
De reprendre du galon. A la question : "Dans le contexte de
l'intervention au Mali, pourriez-vous jouer un rôle ?
", Kouchner
répond sans hésiter : "Si on me le demandait, oui,
certainemen
t". Qu'on se le dise : Bernard Kouchner bouge encore.
Honni soit qui ...Mali... pense.

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