Diner avec Chirac

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A première vue, cela s'appelle de la nostalgie et même de l'affection. Diner en ville hier soir. Diner sympathique réunissant de vieux amis ne partageant pas les mêmes idées politiques. La politique n'était d'ailleurs pas à l'ordre du jour jusqu'à ce que entre la poire et le fromage, les Smartphones se mettent à vibrer et à biper. Info laconique diffusée sur tous les sites web. "L'ancien Président Jacques Chirac hospitalisé d'urgence à l'hôpital américain de Neuilly."

Première réaction,
celle d'un médecin généraliste : "incroyable qu'il soit allé là bas,
c'est un hosto médiocre."
Et puis, dans l'ignorance qu'il ne s'agit que
d'une crise de goutte et que 3 heures plus tard Mr Chirac aura regagné son
domicile, chacun y va de son commentaire compassionnel.

"Pauvre homme.
C'est dingue de le voir décliner aussi vite. Il n'est pas si vieux, 81 ans.
C'est son AVC en 2005 qui l'a cassé... Pas du tout,
rétorque le médecin qui semble
bien informé. Il souffrait de troubles vasculaires avant son AVC et, d'ailleurs,
il a quasiment passé l'ensemble de son second mandat diminué intellectuellement
et quand on a parlé d'anosognosie, ca m'a fait sourire en fait il a un
Alzheimer et c'est pour ca que sa famille le planque..."

"Quelle triste fin
pour un grand Président... Pas si grand que ca. Sarkozy l'appelait le roi
fainéant... En politique, c'est une habitude de tuer son père... Et de tirer sur les
ambulances... N'empêche qu'il a été un vrai rempart contre le Front National,
lui, et qu'il nous a évité la guerre en Irak...Et puis avec lui, on avait
l'impression qu'il ne pouvait rien nous arriver de mal. Et au moins, lui il
avait de la classe."

20h52. Les
Smartphones se remettent à biper : "Jacques Chirac est finalement
rentré chez lui". "Tant mieux. Pauvre homme... Je ne savais pas qu'on
l'aimait tous autant...Lui non plus, rassure-toi".

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