Ce n'est pas facile de commenter le rugby à la télévision

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A première vue, on s’est souvent gaussé des commentateurs du football sur FT1, mais faut bien reconnaître qu’avec le rugby ça n’est pas vraiment mieux. Des records ont été battus dès la prise d’antenne de la coupe du monde. Records d’approximations et de fautes de goût.

Des la cérémonie d’ouverture, les pauvres téléspectateurs ont été abreuvés de superlatifs que n’osent même plus employer les camelots de supermarchés. Le stade grandiose, la spectacle merveilleux, la mise en scène somptueuse, l’ambiance magique, l’accueil fabuleux etc etc…avec en prime le truc qui ne pardonne pas quand, voyant s’afficher à l’écran le mot "journey", le vaillant commentateur traduit aussitôt par "journée" alors qu’on a tous appris ça au lycée : en anglais "journey" veut dire trajet ou voyage. Ce qu’on appelle un faux ami. Pas facile de passer de Koh Lanta au rugby…

Faux amis également, les deux compères qui commentent les matchs. Plus chauvins, tu meurs. Et dans d’atroces souffrances. Ainsi, samedi dernier, après sa pitoyable victoire face au Japon, le XV de France fut-il crédité d’un formidable esprit d’équipe et remercié d’avoir réalisé de très belles choses. "Quand on gagne, il faut positiver" explique le consultant de TF1, avec un sourire à faire pâlir les pubs pour dentifrice. Mieux ou pire, dans un autre match, on confond l’ouvreur sud africain Morné Steyn avec son homonyme l’arrière Francois Steyn. Puis on parle de l’arbitre gallois alors qu’il est anglais. Enfin, le consultant n’hésite pas à donner sa vision du jeu avec cette phrase mémorable, je cite : "quand on est arrêté, il est difficile d’avancer".

Une maxime à graver sur le fronton des écoles de rugby. Le rugby, sport professionnel. Jouer au rugby, c’est un métier. Le commenter, c’est aussi un métier. Enfin, ca devrait.

Là haut, dans les 22 mètres de Saint Pierre, Roger Couderc doit bien se marrer !

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