Bronzer ou fumer, il faut choisir

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

A première vue, on n’arrête pas le progrès. C’est nouveau. C’est sorti cet été. Ça a même fait un tabac au sens propre du terme : la commune de La Ciotat dans les Bouches du Rhône a inventé la plage non fumeurs. Interdiction totale de cloper sur 2000 km2 au lieu dit {{plage des frères Lumière}}. Pas peu fière de son « initiative lumineuse », donc, la municipalité de La Ciotat affirme qu’elle a ainsi participé à la juste lutte contre le tabagisme passif et contre l’insupportable pollution du sable par les mégots.

Comme toujours, les bonnes âmes applaudissent. Comme toujours, un sondage effectué à la va vite leur donne raison. On pourrait appeler ca « l’effet troupeau » : les ¾ des Français interrogés par l’IFOP entre deux pastis approuvent la prohibition tabagique balnéaire. Fumer ou bronzer il faut choisir !

Comme toujours enfin, cette nouveauté sensationnelle nous vient des Etats Unis. Plus précisément de New York ou depuis février il est interdit de fumer dans les parcs, les rues piétonnes et sur les 22 kms de plages que compte la ville. Et ca ne rate jamais. Quand les Ricains inventent un gadget politiquement correct, il débarque chez nous quelques mois plus tard.

Tout ca pour la bonne cause. La santé publique. L’espérance de vie. L’air pur et les petits oiseaux. On peut approuver. On peut aussi s’interroger sur ce qui ressemble à une dérive sécuritaire. Une forme de totalitarisme hygiénique ou la notion même de plaisir individuel est réprimée par la censure d’on ne sait quel ministère du bien-être. Au nom du bien commun et de la salubrité globale, on invente une société des interdits, des restrictions, des frustrations. Comme si la liberté de tous était égale à la somme des interdictions imposées à chacun. Comme si le progrès était forcément liberticide.

Je sais pas vous mais moi, ca me donne subitement envie de fumer.

Vous êtes à nouveau en ligne