Abus de faiblesse

A première vue, comme qui dirait, les affaires reprennent. Un ancien président mis en examen pour abus de faiblesse, un ministre contraint de démissionner car soupçonné de blanchiment de fraude fiscale et la patronne du FMI qui voit son appartement parisien perquisitionné dans le cadre de la énième affaire Tapie. A gauche, à droite, la justice ratisse large et laboure profond.

Et ce scénario excite beaucoup Mme Eva Joly, ancien juge
d'instruction, ancienne candidate écolo à l'élection présidentielle et qui donc
connaît parfaitement les rouages des deux mondes judiciaires et politiques.
Mieux que quiconque, Mme donneuse de leçon, " la verte qui lave plus blanc "
devrait se souvenir que la France est un état de droit. Que dans notre beau
pays l'innocence se suppose et la culpabilité se prouve. Et que donc tout
citoyen poursuivi ou soupçonné doit bénéficier de la "présomption
d'innocence". Mais de cela, Mme Joly semble désormais se moquer.

Interviewée par le journal Le Parisien, Eva Joly rappelle
qu'elle avait mis en garde sur les risques judiciaires liés à la nomination de
Christine Lagarde à la tête du FMI. Elle juge "pathétique"
l'attitude de l'ancien ministre socialiste du budget, Jérôme Cahuzac qui selon
elle "aurait du démissionner beaucoup plus tôt et qui fait partie d'un
système qui ne tourne pas rond
".

Mais le meilleur est pour la fin. Interrogée sur la mise en
examen de Nicolas Sarkozy par le juge Gentil dans le cadre de l'affaire Bettencourt,
Mme Joly déclare que "la présomption d'innocence ne doit pas servir de
bouclier aux puissants, qu'elle ne vaut pas dédouanement et que l'impunité
insulte l'esprit de la République
".

Ca a au moins le mérite d'être clair. Pour Mme Joly, les
présumés innocents sont en même temps des supposés coupables surtout quand ils
sont puissants. Ou plutôt quand ils l'ont été. Car objectivement personne n'est
plus faible qu'un ancien puissant qui n'exerce plus. On pourrait même se
demander si en ce moment il n'y a pas "tentation" sinon "tentative" d'abus de faiblesse contre l'ancien Président Sarkozy.
Etre coincé entre un juge qui s'appelle Gentil et un ancien juge qui s'appelle
Joly ne garantit nullement un avenir "bisounours".

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