A première vue, "Cloclo" cloche

A première vue, si le film "Cloclo" omniprésent sur nos écrans était un 45 tours du genre de ceux qu’on écoutait à l’époque, on aurait l’impression d’être sur la face B.

Ce n’est pas le tube qu’on espérait. Et on a connu le metteur en scène
Florent Emilio Siri bien plus inspiré, notamment dans son formidable film sur
la guerre d’Algérie, "L’ennemi Intime ".

"Cloclo ", d’abord, est
évidemment trop long. 2 heures 28. Au moins quarante minutes de trop. On a
souvent envie non pas qu’il meure mais que ca se termine, ce qui revient au
même puisqu’il meurt à la fin.

Bien sûr, on
applaudit à la performance stupéfiante de Jérémie Renier dans la peau de
Cloclo. Mais franchement Benoit Magimel dans le costard de Paul Lederman, ça le
fait pas. Ca sonne faux. Aussi faux que les dialogues, très plats, que les
acteurs ânonnent avec l’authenticité mécanique des stagiaires de première année
du cours Simon.

De même, le scénario
s’attarde beaucoup trop sur les blessures familiales de Claude François et pas
assez sur sa névrose obsessionnelle, la vraie cause de sa mort. Enfin, si son
rapport ou plutôt ses rapports aux femmes sont évoqués, ils restent dans des
limites morales assez éloignées de la réalité.

Last but not least,
malgré une caméra souvent virtuose, on n’est jamais contaminé par cette
hystérie collective que provoquait à coup sur un spectacle de Cloclo. Florent
Emilio Siri filme tout cela de l’extérieur, avec technique mais sans passion ni
flamme et il récolte ce qu’il sème. On ressort de son film indifférent.

Comme si
l’électrocution qui a causé la mort de Claude François n’avait pas été précédée
d’un survoltage musical sans précédant.

Finalement c’est un
film trop sage, trop politiquement correct, pas assez destroy. On va dire trop
commercial. C’est ça qui fait que  "Cloclo " cloche.

 

 

 

 

 

 

 

 

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