Pour la députée Clémentine Autain, "la responsabilité de La France insoumise est de tendre la main" à gauche

Clémentine Autain, samedi 16 septembre, sur franceinfo.
Clémentine Autain, samedi 16 septembre, sur franceinfo. (FRANCEINFO)

La députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, a estimé, samedi sur franceinfo, que "la responsabilité de La France insoumise est de tendre la main" à d'éventuels partenaires de gauche "mais dans la clarté". 

La députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis, Clémentine Autain, a réfuté le terme de "divisions politiques" à gauche, samedi sur franceinfo. Elle a préféré y voir le début d'un "nouveau cycle politique où les uns et les autres réfléchissent à comment ils s'organisent, comment ils se rassemblent ou pas". Elle réagissait notamment à l'absence de Jean-Luc Mélenchon, le leader de La France insoumise, à la Fête de l'Humanité qui a lieu ce week-end à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, mais aussi aux différentes mobilisations contre la réforme du Code du travail, portées tantôt par la CGT, tantôt par La France insoumise.

Un mouvement neuf d'opposition radicale

D'après Clémentine Autain, le rassemblement à gauche doit être porté par La France insoumise. "Notre responsabilité est de tendre la main", a-t-elle assuré, "parce que nous avons le leadership de l'opposition sur une ligne de transformation sociale et écologiste". Pour autant, pas question que ce rassemblement se fasse sans une certaine unité : il doit s'effectuer "dans la clarté", d'après Clémentine Autain.

Moi je veux bien rassembler mais à condition que nous soyons au clair sur ce que nous voulons faire. Qu'est-ce que nous voulons faire ? Un mouvement neuf, d'opposition radicale à la politique gouvernementale.Clémentine Autain, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denisà franceinfo

Elle définit aujourd'hui un nouveau clivage politique pour structurer le rassemblement autour de La France insoumise. "La véritable frontière, c'est celle de savoir si on est d'accord avec ce gouvernement. Est-ce qu'au fond on peut trouver qu'il fait des choses positives ou est-ce que l'on souhaite une voie radicalement différente de ce qui est mis en œuvre par ce gouvernement, comme lors de l'ère Sarkozy et l'ère Hollande? C'est ce que nous proposons et c'est ce que propose La France insoumise", a détaillé Clémentine Autain, pour qui il ne s'agit surtout pas de "refaire la gauche plurielle".

Elle explique aussi que ce rassemblement ne peut se faire que s'il y a une volonté des deux côtés. "La France insoumise doit tendre la main, elle doit avoir un profil rassembleur mais il faut aussi tendre la main à ceux qui ont décidé" de rejoindre le parti d'extrême gauche. "Ceux qui disent qu'il faut tracer un nouveau chemin d'émancipation humaine, de justice sociale, qui s'attaque au pouvoir du capital, qui disent qu'il faut partager les richesses et les pouvoirs, à ceux-là et à celle-là, nous leur disons : 'Vous avez toute la place pour que nous travaillions ensemble'", a-t-elle complété.

Le Ceta, "un scandale démocratique"

Alors que le gouvernement a confirmé cette semaine que l'essentiel du traité de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada, le Ceta, entrerait bien en vigueur jeudi 21 septembre, la députée de La France insoumise a réclamé un référendum sur ce sujet. "Le peuple français est tenu totalement à l'écart de ce traité qui fait 2300 pages et qui touche à des enjeux importants, comme l'agriculture ou les services publics." Selon elle, ce traité aura des impacts dans la vie quotidienne des Français. "C'est un scandale démocratique", a martelé Clémentine Autain, qui a précisé qu'elle serait mercredi 20 septembre devant l'Assemblée nationale pour demander au gouvernement de suspendre l'application de ce texte.

"La logique voudrait que nous ayons un référendum, dans ce pays, pour ce type de traité", a expliqué la députée de Seine-Saint-Denis. "Ce n'est pas la peine de négocier des accords de Paris pour le climat et ensuite se débrouiller pour signer un tel accord qui n'a aucune ambition pour la limitation des gaz à effet de serre et pour la limitation du commerce des énergies fossiles", a ajouté Clémentine Autain.

JO 2024 à Paris : "Ça peut être une chance"

Interrogée sur l'attribution des Jeux olympiques de 2024 à Paris, Clémentine Autain a salué un événement "attendu" qui est un "grand moment populaire" mais qui devra "profiter à la population" et pas seulement "au sport business". "L'enjeu, c'est de savoir comment les jeux vont se dérouler", a expliqué la députée de Seine-Saint-Denis, qui regrette que "dans le monde sportif, le pouvoir de l'argent ait pris la main". Elle a notamment exprimer des inquiétudes quant à "savoir si ces jeux vont permettre des investissements pérennes et ne vont pas être un gouffre financier".

Pour la Seine-Saint-Denis, ça peut être une chanceClémentine Autain, députée La France insoumise de Seine-Saint-Denisà franceinfo

La députée a notamment dit souhaiter que "toute la Seine-Saint-Denis" en profite. "Moi je suis élue de Sevran, Villepinte et Tremblay. Il y a des projets à Saint-Denis mais ce serait bien qu'il y ait aussi des projets dans le nord de la Seine-Saint-Denis, par exemple le maire de Tremblay souhaite un Colisée sur ce territoire-là."

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