Pour Benoît Hamon, "il y a une coupure entre une partie des élites et le peuple"

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Le député PS Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, était l'invité de franceinfo samedi 12 novembre. Pour lui, "les politiques libérales en Europe et aux États-Unis conduisent toutes au même résultat."

Le député PS Benoît Hamon, candidat à la primaire de la gauche, invité de franceinfo samedi 12 novembre, a mis en garde contre "les politiques libérales en Europe et aux États-Unis qui conduisent toutes au même résultat". Il a également critiqué Emmanuel Macron.

"Il y a une coupure entre une partie des élites et le peuple" 

"Il y a une coupure entre une partie des élites et surtout les politiques mises en œuvre et le peuple qui explique à bien des égards, ce qui s'est passé aux Etats-Unis, en Angleterre, a expliqué Benoît Hamon, faisant référence à la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine et au Brexit. Ce qui se passe progressivement dans plusieurs pays européens comme la Hongrie, l'Allemagne, l'Autriche... Cette coupure explique à bien des égards que certains fassent confiance à quelqu'un comme Donald Trump, qui n'est pas hors système."

Donald Trump est un milliardaire. Mais il incarne la rupture avec des politiques qui ont rendu plus vulnérables les classes moyennes et populaires

Benoît Hamon

sur franceinfo, le 12 novembre 2016

Selon Benoît Hamon, "les politiques libérales en Europe et aux États-Unis conduisent toutes au même résultat". "Sur la question sociale, il faut construire une réponse face à la réponse de la droite dure et de l'extrême-droite. Donald Trump et Marine Le Pen, qui jouent sur les peurs, le repli sur soi et l'isolationnisme aux Etats-Unis", a-t-il ajouté.

Pour Benoît Hamon, "la question aujourd'hui c'est : 'A-t-on pris conscience des ruptures en cours dans notre modèle de développement, dans l'épuisement de notre modèle démocratique, dans le fait qu'aujourd'hui courir après un décile de croissance n'a pas de sens ?' Moi je considère aujourd'hui qu'il faut mettre en œuvre des politiques en matière de progrès social radicalement différentes de ce qui a été fait auparavant. Le problème, ce n'est pas un système, c'est une politique."

Les propositions d'Emmanuel Macron "très libérales"

"Remise en cause des 35 heures, retraite à la carte, qui en profite le mieux ? Ce sont ceux qui sont le mieux équipés, le mieux protégés", s’est insurgé Benoît Hamon, pour qui les propositions d’Emmanuel Macron dévoilées mercredi 9 novembre sont "très libérales".

"Face à la raréfaction du travail, il faut mettre en œuvre ce revenu universel d’existence qui est une protection, qui donne de l’autonomie", a-t-il martelé. Avant d'ajouter concernant Emmanuel Macron, "je souhaite qu’on puisse avoir un débat dans la primaire socialiste s’il en a le courage".

"Je soutiendrai Arnaud Montebourg"

Sur cette primaire, Benoît Hamon a d'ailleurs affirmé que s'il était "derrière Arnaud Montebourg" : "Je soutiendrai Arnaud Montebourg".

Rétablir la police de proximité

L’ancien ministre et candidat à la primaire de la gauche est aussi revenu sur le malaise au sein de la police française. "Je pense qu’il faut s’attaquer aux priorités, à ce qui explique les manifestations des policiers : la vétusté des équipements, la vétusté des infrastructures, des salaires qui ne sont pas forcément à la hauteur de la tâche des policiers à la base", a martelé Benoît Hamon.

Selon lui, il faut "mieux former les policiers" et "rétablir la police de proximité". "Il y a deux domaines dans lequel je veux lutter pour faire avancer les choses", a-t-il précisé, à savoir les "récépissés de contrôle d’identité", notamment la lutte "contre le contrôle au faciès", et la "légalisation du cannabis" pour faire face aux "violences contre les forces de l’ordre qui naissent du trafic", a ajouté le candidat à la primaire de la gauche.

"Alain Juppé n'a pas le programme pour empêcher que la 'Trump française' l'emporte"

"Les électeurs de droite se choisiront leur champion". Benoît Hamon a appellé les électeurs de gauche à ne pas voter à la primaire à droite, répétant que "c'était aux électeurs de droite de choisir leur candidat à droite" et que "les électeurs de droite se choisiront leur champion".

"Si c'est pour avoir Alain Juppé demain... Alain Juppé, ça mènera à Marine Le Pen à court ou moyen terme, a-t-il estimé, parce qu'Alain Juppé n'a pas le programme pour empêcher que la 'Trump française' l'emporte."