8h30 politique. André Chassaigne : "Il est cuit, François Hollande !"

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Pour André Chassaigne, député PCF, la politique du président français a provoqué une rupture entre lui, son électorat et "le peuple de gauche". Ce samedi, sur franceinfo, le député reprochait notamment à François Hollande son utilisation du 49.3.

"Il est cuit François Hollande" a lancé André Chassaigne, président du groupe communiste à l'Assemblée, sur franceinfo ce samedi.

"Il est cuit parce qu'avec la politique qu'il a conduite, qui a été une politique de renoncement, notamment dans le domaine social, (...) il est bien évident qu'il y a une rupture complète entre son électorat, le peuple de gauche et François Hollande", a expliqué le député.

"Comment se fait-il qu'il soit obligé d'utiliser le 49.3 pour faire passer ses textes de loi à l'Assemblée nationale parce qu'il a une majorité de députés contre lui ? Comment se fait-il qu'il impose sa réforme du travail contre l'immense majorité des organisations syndicales ? Et comment se fait-il que la politique sociale, soi-disant sociale, qui est une politique de régression, aille à l'opposition de l'opinion ?" s'est interrogé André Chassaigne.

"Nous [le groupe communiste] avons une forme d'obsession, c'est de tout mettre en œuvre pour que nous n'ayons pas, au second tour des élections présidentielles, un face à face entre l'extrême droite et la droite. Ce n'est pas la droite de l'époque de Pompidou, mais une droite extrêmement rétrograde, avec des mesures d'un libéralisme sans limite", a expliqué le porte-parole des députés du Front de Gauche.

"Il ne s'agit pas d'aller manger le quinoa dans la main de Mélenchon"

André Chassaigne a ajouté : "Si nous voulons porter un candidat à même d'être au second tour, ça ne peut pas être derrière un président de la République sortant qui a fait une politique de casse au niveau social, ça ne peut être qu'avec un candidat du rassemblement d'une gauche anti-libérale".

"Quand on dit candidat de rassemblement, il ne s'agit pas d'aller manger le quinoa dans la main de Mélenchon, il ne s'agit pas d'être là comme des petits soldats le petit doigt sur la couture du pantalon ! Il s'agit de prendre en compte un socle politique partagé, de faire une campagne qui serait une campagne commune dans le respect mutuel".

"Si on veut la VIe République, commençons à mettre en œuvre un comportement politique qui relève de la VIe République" a-t-il ajouté.

Loi Travail : "Il faut que le mouvement social continue"

"Il faut que le mouvement social continue mais surtout s'amplifie, sans compter que la partie n'est pas terminée" a déclaré le député PCF au sujet de la loi Travail sur franceinfo.

"L'espoir, c'est que tous les décrets d'application ne soient pas pris. Je crois qu'il y a à peu près 125 mesures à prendre sous forme de décrets", a ajouté André Chassaigne.

Le député communiste explique également que "l'espoir, c'est qu'il y ait d'une part la bataille de la rue et en même temps au niveau juridique. Il y a des possibilités de recours au niveau du Conseil constitutionnel (...) et les organisations syndicales peuvent faire annuler certaines décisions de ce projet de loi, qui casse la protection des salariés", a-t-il conclu.

André Chassaigne a également qualifié "d'assez symbolique" la ristourne fiscale annoncée par le gouvernement.

"Michel Sapin me fatigue, avec son baratin. Il nous avait promis une réforme fiscale, avec une progressivité de l'impôt. C'était aussi dans le programme de François Hollande. Il y a eu renoncement. Aujourd'hui, c'est du replâtrage. Ce n'est pas sérieux!", a lancé André Chassaigne.

"On propose une forme de nationalisation pour l'industrie ferroviaire"

Le député communiste a également réagi à l'arrêt de la production d'Alstom à Belfort. "On a un exemple criant de désastre économique (...). On abandonne le transport ferroviaire. Il n'y a quasiment plus de frêt ferroviaire dans notre pays. On met tout sur la route", estime André Chassaigne.

Il a indiqué que le groupe communiste "propose une forme de nationalisation pour l'industrie ferroviaire, parce que c'est l'intérêt général".

Il faut revoir les critères des appels d'offre "qui ne permettent pas toujours de privilégier la production française. (...) Il faut qu'on ait un pôle public, pour qu'il y ait une maîtrise publique."