Projet d'une redevance payée par tous : "L'universalisation est inévitable", juge Aurore Bergé

La porte-parole du groupe La République en marche à l'Assemblée nationale a maintenu, lundi, son souhait d'une redevance payée par tous les foyers pour l'audiovisuel public. 

Aurore Bergé, députée La République en marche (LREM) des Yvelines, invitée de franceinfo lundi 8 octobre, a défendu l'idée d'"universaliser" la redevance audiovisuelle pour la rendre indépendante de la possession ou non d'une télé. "L'universalisation, c'est-à-dire que tous les foyers puissent contribuer à l'audiovisuel public, est inévitable", a-t-elle affirmé.

La porte-parole du groupe LREM à l'Assemblée nationale, rapporteur d'une mission d'information sur la réforme de l'audiovisuel, a estimé que "cette idée n'est pas forcément la plus populaire ou la plus facile, mais qu'elle est légitime" étant donné que "l'audiovisuel public est un service public, payé par tous, même par ceux qui n'en bénéficient pas directement". Selon Aurore Bergé, la mesure est aussi destinée à "sécuriser le financement de l'audiovisuel public". "Les gens consomment différemment, n'ont pas forcément de téléviseur et à terme on a un risque à terme de fragiliser l'audiovisuel public", a ajouté la députée.   

Selon le rapport de la mission d'information sur l'audiovisuel qui a remis 40 recommandations au gouvernement, figure la suppression de la publicité sur Radio France. "Quand vous allez universaliser la redevance, vous allez avoir plus de recettes. Ce plus de recettes doit revenir à l'audiovisuel public sous la forme de suppression de la publicité. Ce n'est pas un manque à gagner pour Radio France puisque cela sera entièrement compensé", a justifié Aurore Bergé. 

Le retour de la publicité sur France télévisions entre 20 heures et 21 heures "est une proposition qu'on n'a pas retenue", a-t-elle précisé. Une idée "écartée par souci de cohérence. Je pense que c'est acquis qu'il n'y ait plus de publicité après 20 heures sur France télévisions", a ajouté l'élue LREM. Mais "à terme, il faudra" supprimer toute la publicité sur France télévisions. "L'idée ce n'est pas de punir l'audiovisuel public", car aujourd'hui la publicité "c'est entre 300 et 350 millions d'euros sur France télévisions et on n'a pas les moyens de le compenser", a ajouté Aurore Bergé. 

Par ailleurs, une enquête de Terra Nova sur le profil sociologique des adhérents de LREM montre qu'à 80% ils sont diplômés du supérieur, que 58% sont cadres ou appartiennent à une profession libérale et que 71% sont des actifs du secteur privé. "Il y a cette tentation de voir La République en marche comme un parti de gens qui vont bien, qui gagnent dans la mondialisation, mais ce n'est pas que cela", a réagi la députée LREM. Vous avez les adhérents, mais il y a aussi les sympathisants, les électeurs qu'il faut prendre en compte." 

"Prenez l'exemple de la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des Français : je ne suis pas certaine, au vu de la description sociologique que vous dessinez, que ce soit nos adhérents qui en bénéficient", a-t-elle ajouté.

Autre enseignement de l'étude : les hommes représentent 68% des effectifs des adhérents de LREM, contre 32% de femmes seulement. "C'est quelque chose qu'il faut que l'on combatte", a affirmé Aurore Bergé. "Souvenez-vous de la campagne pour les élections législatives. Au moment des investitures, le candidat Emmanuel Macron avait lancé un appel aux femmes pour qu'elles viennent le rejoindre. Étonnement, à partir du moment où l'on a cherché des femmes, on les a trouvées, on les a investies à 50% et aujourd'hui on est 47% de femmes dans notre groupe", a-t-elle souligné.  

Regardez l'intégralité de l'entretien d'Aurore Bergé sur franceinfo le 8 octobre 2018.

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