Mauvais résultats des Insoumis aux européennes : "L'électorat populaire traditionnellement s'abstient" justifie Éric Coquerel

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Le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, invité du "8h30 Fauvelle-Dély", jeudi 30 mai, estime que le mauvais résultat de son parti est dû à l'abstention des classes populaires et aux plus jeunes qui se sont en majorité tournés vers Europe Écologie-Les Verts. 

L'objectif fixé par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon était de reproduire le score des législatives en 2017. Avec seulement 6,31% des suffrages pour la liste conduite par Manon Aubry, c'est "un échec, une déception", commente Éric Coquerel, invité du "8h30 Fauvelle-Dély", jeudi 30 mai 2019. Pour les cadres du parti, mais aussi "pour tous nos militants qui sur le terrain se sont démenés pendant des semaines. Je sais à quel point la déception a été rude dimanche soir", déclare le député La France insoumise de Seine-Saint-Denis.

D'après Éric Coquerel, ce mauvais résultat tient principalement à deux raisons. La première selon lui, c'est que "l'électorat populaire, qui a été le socle à partir duquel Jean-Luc Mélenchon a bâti ses 19%, traditionnellement s'abstient aux européennes. Il est souvent très critique vis-à-vis de l'Union européenne et avec raison", explique-t-ilAutre difficulté pour LFI, "l'électorat jeune s'est porté vers Europe Écologie." 

Pour le parlementaire, ce résultat est également conjoncturel avec "un contexte national et européen qui est un recul assez considérable et important des forces comparables aux nôtres. Il faut constater une montée de l'extrême droite. Dans la partie qui se livre, de savoir quelle sera l’issue à cette financiarisation de l’économie, à cette concurrence généralisée dont les peuples souffrent, les forces xénophobes nationalistes du type Rassemblement national ont pris un temps d’avance", reconnaît-il.

Clémentine Autain, elle aussi députée La France insoumise de Seine-Saint-Denis, s'est montrée très critique au lendemain des élections sur le positionnement politique du mouvement, parlant de "ressentiment" et de "haine". Des termes qu'Éric Coquerel trouve "exagérés". "Ce qui nous a atteints et ce que je regrette, c’est que, au moment des perquisitions, les gens aient plus regardé les faits des perquisitions, comme la réaction de quelqu’un qui avait été levé à 7h du matin, je parle de Jean-Luc Mélenchon qui voyait tous ses proches perquisitionnés comme des terroristes, plutôt que la manipulation politique vis-à-vis de son principal parti d’opposition à l’époque de la part du pouvoir qui nous a traité comme des malfaiteurs." 

Nationaliser General Electric

Principal dossier social du moment, l'annonce de la suppression d'un millier de postes par le groupe américain General Electric, principalement à Belfort. "Là maintenant, il faut nationaliser", a réagi Éric Coquerel.  "Il faut qu'il y ait enfin un État qui se mette du côté des salariés, de l'intérêt stratégique de notre pays. On est dans une guerre sociale depuis plusieurs décennies entre les actionnaires, les salariés et l'intérêt général. Le problème c'est de savoir de quel côté l'État se situe ?", a-t-il poursuivi.

"Ne pas appliquer la peine de mort"

Interrogé sur le cas de huit Français condamnés à mort en Irak à cause de leur implication dans les activités jihadistes du groupe État islamique, le député LFI s'est montré prudent. "Par principe, j’estime que des Français qui ont commis des méfaits de cette ampleur dans certains pays doivent être jugés dans ces pays-là", a d'abord expliqué Éric Coquerel. Toutefois, il réclame "que la peine de mort ne soit pas appliquée" et si c'est le cas, il demande à "rapatrier et à juger en France" ces individus. 

Retrouvez l'intégralité du "8h30 Fauvelle-Dély" du jeudi 30 mai 2019 :

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