Loi Alimentation : "Il faut peut-être que la distribution fasse moins de profits" affirme Didier Guillaume

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La loi Alimentation vise à conforter le revenu des agriculteurs, mais elle pourrait contraindre la grande distribution à augmenter les prix sur une gamme de produits grand public, reconnaît le ministre de l'Agriculture, invité du "8h30 Fauvelle-Dély", mercredi 30 janvier. 

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La défense des producteurs français aura un coût pour les consommateurs. Le relèvement du seuil de revente à perte, prévu le 1er février, devrait conduire à une hausse des tarifs sur certains produits alimentaires de grande consommation.  "Je souhaite que les entreprises de la grande distribution gagnent leur vie. Je souhaite que les industries agroalimentaires, que les PME, que les agricuteurs gagnent leur vie aussi. Cela s'appelle une meilleure répartition de la valeur, le juste prix" a déclaré ce mercredi Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, sur franceinfo. Mais il ne faut pas que cela prenne "le consommateur en otage parce qu'on a un problème de pouvoir d'achat et ce n'est pas le consommateur qui doit faire les frais des négociations commerciales", a-t-il poursuivi.

On essaie une chose, c'est qu'on ait encore une agriculture en France

Didier Guillaume

à franceinfo

"Il y aura 4% des produits qui vont augmenter beaucoup. Je le regrette, j'aurais voulu que ce soit différent (...) on essaie une chose, c'est qu'on ait encore une agriculture en France, pour arrêter d'acheter des produits qui viennent d'Amérique ou des pays de l'Est" a déclaré Didier Guillaume, invité du "8h30 Fauvelle-Dély". Dans les supermarchés, "500 produits sur 13 000" devraient ainsi augmenter le 1er février, alors que dans les hypermarchés, "c'est 800 produits sur 20 000" qui sont concernés, selon le ministre, qui a confirmé des informations parues dans les colonnes du Parisien

"La loi ne dit pas qu'il faut augmenter le Nutella, elle stipule qu'une grande surface ne peut pas vendre de produits aux consommateurs moins cher que ce que ça vaut" a précisé le ministre de l'Agirculture et de l'Alimentation. "Ce que je demande aux grandes surfaces c'est de trouver le moyen de répartir les marges différemment, de répartir les choses mieux, l'objectif est que les produits agricoles soient vendus à leur juste valeur", a-t-il ajouté. 

La TVA comme levier de pouvoir d'achat

L'une des revendications ayant émergé du mouvement des "gilets jaunes", c'est la réduction voire la suppression de la TVA sur les produits considérés de première nécessité. Ce mercredi, Didier Guillaume se dit "plutôt favorable" à une telle mesure, mais nuance "il faut attendre le grand débat". "On verra bien le choix que prendront le président et le Premier ministre", a-t-il conclu.

Sortie du glyphosate : il y aura des exceptions

Lors de sa participation à une réunion du grand débat national à Bourg-de-Péage, commune de la Drôme dont est originaire Didier Guillaume, Emmanuel Macron a confirmé que la sortie du glyphosate ne serait pas complète d'ici trois ans. "Si au premier janvier 2021, 70% des filières agricoles sont sorties de la dépendance au glyphosate, ce sera un vrai succès", a précisé le ministre de l'Agriculture. Sortir 70% ou 80% des filières agricoles du glyphosate en deux ans, "c'est le faire à marche forcée", a-t-il souligné.

Didier Guillaume l'assure, la position du président de la République n'a pas varié. "On sortira du glyphosate en 2021, mais on ne laissera aucune filière sans solution. C'est ce qu'il a toujours dit"  assure le ministre. 

Le vin, "un produit de bonheur"

Après ses propos polémiques sur le vin, Didier Guillaume persiste : pour lui, "bien évidemment", le vin n'est pas un alcool comme les autres. "Je le redis : l'alcool est dangereux pour la santé. Il faut lutter contre les addictions." s'est-il défendu, ajoutant qu'"on a une filière à défendre et le vin, c'est un produit de bonheur aussi."

Retrouvez l'intégralité de l'émission "8h30 Fauvelle-Dély" du mercredi 30 janvier 2019 : 

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