Européennes : "Nous avons oublié ce que nous portions à l'intérieur de l'UMP" regrette Gérard Larcher

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Le président LR du Sénat, invité du "8h30 Fauvelle-Dély", mardi 28 mai, reconnaît "un échec", après que son parti n'a obtenu que 8,5% des voix aux élections européennes. 

Après les mauvais résultats de son parti aux européennes, le président LR du Sénat Gérard Larcher appelle à revoir la ligne politique des Républicains : "C'est un échec, nous n'avons pas réussi à convaincre, nous n'avons pas réussi à créer cet espace politique, pourtant indispensable en démocratie, entre La République en marche et le Rassemblement national. Nous nous sommes trouvés dans un coin du ring avec, sans doute, des thèmes qui ne représentent qu'une fraction de ce que nous sommes. Certains la qualifient d'identitaire, ou civilisationnelle, on voit que ça représente 8% du corps électoral."

"Nous avons oublié ce que nous portions à l'intérieur de l'UMP, la dimension sociale, la dimension environnementale et écologique, la dimension de l'économie. Tout cela nous a, sans doute, manqué. Voilà le résultat. Il n'interpelle pas simplement le mouvement politique, mais tout simplement la démocratie dans notre pays", ajoute Gérard Larcher. Critique envers sa formation politique, le président du Sénat juge que "elle s'est recroquevillée" et a perdu "la confiance des Français."

"Je pense que notre ligne doit être profondément ré-analysée et revue (…). Je ne peux pas me résoudre à ce que Les Républicains n'incarnent qu'un segment qui, aujourd'hui, pèse 8%. Un segment conservateur. Faisons serment de nous ouvrir", poursuit Gérard Larcher, qui appelle à "changer de logiciel" pour arriver "à se rassembler."

Un bureau politique "pas à 24h près"

Alors que les cadres du parti Les Républicains se sont réunis ce lundi pour revenir sur le faible score du parti aux élections européennes, Gérard Larcher, président LR du Sénat, explique son absence à ce rendez-vous par le fait qu'il le jugeait "prématuré" : "J'avais dit à Laurent Wauquiez qu'il me semblait que cette réunion était prématurée, qu'il fallait garder la réunion de ce [mardi] soir. Pourquoi ? Parce que, ce [mardi] matin, nous allons rencontrer les parlementaires qui reviennent du terrain. Là encore, je pense qu'il faut d'abord écouter, et on n'était pas à 24h près, si ce n'est pour conjurer une angoisse."


Gérard Larcher explique qu'il se trouvait dans son bureau, au Sénat, au moment de cette réunion, au cours de laquelle le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a annoncé la tenue d'états généraux pour tirer les conclusions de cet échec. "Les états généraux, c'est une formule pour que les partis politiques de la droite et du centre, notamment Les Républicains, puissent analyser la situation et bâtir un projet. Je pense que, depuis son élection [de Laurent Wauquiez, ndlr], nous n'avons pas entrepris cette démarche. Est-ce que cette démarche suffira ?", s'interroge Gérard Larcher.

"Reconstruire un projet qui rassemble la droite et le centre"

Après cet échec électoral, le président du Sénat appelle à un rassemblement "au-delà des partis politiques.", afin de reconstruire "un projet qui rassemble la droite et le centre". "Je vais proposer qu'on parte différemment, non pas du haut vers le bas, mais du terrain vers le haut, et je pense qu'il faut qu'on parte des territoires", détaille Gérard Larcher. "Je vais prendre cette responsabilité, il appartiendra à chacun d'imaginer s'il a envie de nous retrouver", ajoute-t-il.

À Laurent Wauquiez d'en "tirer les conclusions"

S'il n'a pas demandé la démission de Laurent Wauquiez, Gérard Larcher affirme que  "dans la logique gaulliste c'est au président lui-même d'en tirer les conclusions." "Il va falloir que l'on change de logiciel, pour qu'on arrive à rassembler, et je pense que pour Laurent Wauquiez c'est un sacré défi" , ajoute-t-il.

Retrouvez l'intégralité de l'émission "8h30 Fauvelle-Dély" du mardi 28 mai 2019 :

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