Débat sur le voile au sein du gouvernement : "On a là des pyromanes qui se dressent en pompiers", dénonce Yannick Jadot

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Le député européen écologiste, invité du "8.30 franceinfo", jeudi 17 octobre 2019, dénonce l'attitude de la majorité, après la prise de parole d'Emmanuel Macron appelant à éviter toute stigmatisation. 

"On a l'impression qu'on a là des pyromanes qui, après avoir attisé ces débats dans la société aujourd'hui, se dressent en pompiers", a dénoncé Yannick Jadot, invité du "8.30 franceinfo", jeudi 17 octobre, au lendemain de l'appel du président de la République à ne pas "stigmatiser" les citoyens musulmans de France, en pleine polémique sur le port du voile islamique.

D'après l'eurodéputé Europe Écologie-Les Verts, le gouvernement cherche à faire diversion. "Pourquoi le chef de l'État, au moment où il y a les personnels de santé, les personnels de l'enseignement, les policiers, les pompiers qui s'inquiètent et qui sont dans la rue pour réclamer des moyens, pour exercer leur fonction, nous pose-t-il le débat de l'immigration ?", ajoute-t-il. Il revient sur le suicide de Christine Renon, directrice d'école à Pantin : "Pourquoi son ministre de l'Éducation, au moment où une directrice d'école se suicide, alimente le débat sur le voile ?"

Pour autant, Yannick Jadot ne s'oppose pas au débat sur la radicalisation qui a ressurgi avec l'attentat au sein de la préfecture de police de Paris. "On a un sujet majeur dans notre société, reconnaît-il, on voit à quel point les formes de terrorisme ou d'attentat terroriste sont en train d'évoluer, ça rend les choses extrêmement difficiles". Mais il invite à "jouer dès le début l'apaisement, l'efficacité".

Yannick Jadot entend recentrer le débat sur l'immigration qui, selon lui, "n'est pas la préoccupation première des Français", proposé par Emmanuel Macron. "Comment on fait en sorte qu'on accueille dans la dignité les personnes qui sont sur notre sol et qu'on évite cette indignité, cette inhumanité des personnes qui, venant de loin, dans des conditions absolument dramatiques, vivent dans la rue ?", propose l'eurodéputé, au lieu de reprendre "en filigrane le thème du grand remplacement, de l'invasion massive des immigrés" comme le fait, d'après lui, le gouvernement. "On a l'impression que c'est comme un surfeur qui, au fond, voudrait surfer sur la vague de ces peurs-là, des propositions de l'extrême droite, mais en considérant qu'en étant surfeur, il va maîtriser la vague... non ! Il n'y a qu'une chose qui maîtrise la vague du populisme et de la xénophobie dans notre pays, ce sont des digues", conclut-il.

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