Affaire Polanski : 45 ans après, "comment peut-il se défendre de cela ?", s'interroge l'avocat Alain Jakubowicz

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Une femme accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975, alors qu'elle avait 18 ans. L'avocat Alain Jakubowicz estime que pour le réalisateur, toute défense devient "quasiment impossible".

Depuis la sortie du film J'accuse et les accusations de viol et de violence à l'encontre du réalisateur franco-polonais, le cas Roman Polanski divise le monde du cinéma et au-delà. L'avocat Alain Jakubowicz, invité de "8h30 franceinfo" samedi 16 novembre, "entend la parole" de la victime présumée, mais regrette que "cette femme vienne demander une condamnation médiatique alors que la justice ne peut plus être saisie." 

"Des faits qui remontent à 45 ans ! Comment on instruit un dossier de cette nature ?" s'interroge Alain Jakubowicz. Valentine Monnier accuse Roman Polanski de l'avoir violée en 1975 en Suisse, alors qu'elle avait 18 ans. Des faits contestés par l'avocat du réalisateur, Me Hervé Temime, et couverts par la prescription. "C'est une vraie difficulté, ce qui n'enlève rien à la douleur de cette femme, sans doute, estime l'avocat. On peut se poser la question : comment est-il possible de se taire pendant 45 ans et que ça sorte précisément au moment de la sortie d'un film ?" Il ira "bien sûr" voir le film J'accuse. "Roman Polanski a toujours sorti des films, je sais parfaitement faire la part des choses entre l'homme et le professionnel." 

"La parole lui est interdite"

Si Alain Jakubowicz assure "entendre la parole de cette femme", il s'interroge : "C'est l'avocat qui prend le dessus : comment peut-on se défendre de cela ? Comment Roman Polanski peut se défendre de cela ? La parole lui est interdite. Que voulez-vous qu'il dise ? Il y a un moment où la personne qui est accusée ne peut plus rien dire, où la défense devient quasiment impossible. Et elle est même dans son cas impossible devant la justice puisqu'il ne sera jamais poursuivi. On parle d'un homme qui a 90 ans – ce n'est pas une excuse –, de faits qui remontent à 45 ans..."

Mercredi 13 novembre, la réalisatrice Nadine Trintignant a pris la défense de Roman Polanski, sur BFMTV : "Je trouve très grave de l'embêter en ce moment, où il y a une remontée de l'antisémitisme en Europe, le jour de la sortie de son film sur Dreyfus". Alain Jakubowicz réfute ce lien avec l'antisémitisme et considère cette déclaration comme "inappropriée" : "Ça n'a rigoureusement rien à voir. Ça contribue à l'essentialisation de la société. Roman Polanski, il se trouve qu'il est juif, point. Ça n'a rien à voir avec ce dossier, ni à charge, ni à décharge."

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