14-Juillet, opération Barkhane au Sahel, situation en Libye... Le "8h30 franceinfo" de Florence Parly

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À l'occasion de la fête nationale du 14 juillet, la ministre des Armées était l'invitée du "8h30 franceinfo".

Florence Parly, la ministre des Armées, était l'invitée du "8h30 franceinfo", mardi 14 juillet. Cérémonie du 14-Juillet inédite, opération Barkhane au Sahel, ingérence de la Turquie en Libye, militaires français suspectés d'adhérer à l'idéologie néonazie... elle a répondu aux questions de Nicolas Teillard et de Jean-François Achilli.

"Malgré la crise sanitaire, on ne pouvait pas ne pas célébrer le 14-Juillet"

Alors que le traditionnel défilé militaire du 14-Juillet est remplacé par un hommage de la Nation aux soignants et aux militaires, "nous voulions que reconnaissance et gratitude puisse être exprimée envers tous ceux qui ont lutté contre le coronavirus", a déclaré Florence Parly. Interrogée sur le service de santé des armées, elle a indiqué qu'il représente 1% des capacités hospitalières en France et qu'il a accueilli 3% des victimes du Covid-19. Avec un effectif qui est tombé sous la barre des 15 000 personnels l'an dernier, "c'est un service qui a subi des baisses d’effectif importantes ces 15 années précédentes." "Mais le service des armées est confronté comme les autres services de santé en France à une pénurie de médecins, nous avons des postes qui sont vacants", a ajouté la ministre. "J’ai souhaité qu’à la suite de la crise sanitaire un retour d’expérience soit fait pour consolider ce service", a dit Florence Parly, car "ce service, c’est l’assurance-vie de nos militaires en opération et sur le territoire national."

L'opération Barkhane au Sahel est une "mission qui va se poursuivre"

La ministre des Armées a confirmé la volonté d'Emmnauel Macron de conserver l'opération Barkhane engagée au Sahel. Selon elle, "il y a des résultats sur le terrain, des succès importants contre l’État islamique au Grand Sahara." Quant à la question de pérenniser cette force, Florence Parly a indiqué qu'elle "n'est pas éternelle". "La France n’est pas seule au Sahel, a-t-elle ajouté, cette internationalisation est là. La Task Force Takuba que certains imaginaient impossible sera opérationnelle à partir de demain. Je ne désespère pas que d’autres pays nous rejoignent", en citant notamment l'Estonie, la République tchèque ou encore la Suède.

Un risque de "syrianisation" du conflit en Libye

Florence Parly est revenue sur la situation très préoccupante en Libye : "Aujourd’hui des puissances étrangères s’impliquent en Libye, cela complique la solution du problème, donc il est urgent que les différentes parties prenantes acceptent l’idée que la victoire ne sera pas militaire mais politique." La ministre a fait référence à la Turquie, pays membre de l'Otan comme la France, dont l'armée a récemment pris à partie un navire militaire français chargé de vérifier le respect de l'embargo des armes en Libye. Pour elle, la solution avec la Turquie "passe par le dialogue". Le rôle d'Ankara inquiète d'autant plus les autorités français que des milliers de mercenaires turcs se trouvent actuellement sur le sol libyen. "Il faut maintenant que cette ingérence étrangère cesse, a réclamé Florence Parly, sinon c’est un risque de ‘syrianisation’ auquel nous sommes exposés". Selon elle, "c’est une urgence absolue, c’est juste en face des côtes italiennes." 

Militaires français à l'idéologie néonazie : "il faut prendre cela avec énormément de sérieux"

Le site d'information en ligne Mediapart a révélé qu'une dizaine de militaires et anciens militaires affichent publiquement, notamment sur les réseaux sociaux, leur adhésion à des thèses néonazies. "Il faut être humble, a réagi la ministre des Armées, il peut y avoir quelques trous dans la raquette, l’enquête de Mediapart a pu le révéler, et il faut prendre cela avec beaucoup de sérieux, c’est pour ça que le commandement s’en est immédiatement saisi." Selon France Bleu Pays de Savoie, des sanctions contre deux militaires du 13e bataillon des chasseurs alpins de Barby, en Savoie, sont en cours. "Ils véhiculent une idéologie qui n’a absolument pas sa place dans nos armées, a indiqué Florence Parly. "Nous sommes très attentifs au niveau du recrutement, il y a un service dont c’est la responsabilité. Mais aussi pendant toute la durée de la carrière, le commandement qui vit au plus près des militaires doit exercer un contrôle", a-t-elle expliqué.

>>> Retrouvez l'intégralité du "8h30 franceinfo" du mardi 14 juillet 2020 :

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