Soupçons d'emplois fictifs d'assistants d'eurodéputés : "Tous les partis sont concernés", rappelle François Ruffin

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Invité sur franceinfo, le député de La France insoumise de la Somme, François Ruffin, a invité à "laisser la justice faire son travail", alors que le parquet de Paris a élargi ses investigations à Jean-Luc Mélenchon dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés.

"Laissons d'abord la justice faire son travail. Il faut rappeler qu'à ce stade tous les partis sont concernés", a déclaré ce mercredi matin sur franceinfo François Ruffin. Le député La France insoumise de la Somme était invité à réagir sur la décision du parquet de Paris d’élargir ses investigations à Jean-Luc Mélenchon, dans l'enquête sur des soupçons d'emplois fictifs d'assistants parlementaires d'eurodéputés.

"Le terme d'emploi fictif me paraît injuste parce que ce sont des gens qui travaillent", a poursuivi François Ruffin, estimant qu’il y avait un "deux poids deux mesures" à propos du projet de loi sur la moralisation de la vie publique. "Qu'on aille regarder mes notes de frais, cela ne me gêne pas. Qu'on vienne regarder ce que font mes assistants, pourquoi pas", a expliqué François Ruffin. "Mais je vois un 'deux poids deux mesures' général dans la société. On est extrêmement scrutés, tandis que pendant ce temps-là on a 60 à 80 milliards d'euros qui partent dans les paradis fiscaux via les multinationales, on a LVMH qui a des filiales dans des tas de paradis fiscaux".

"C'est comme si ce champ-là était complètement déserté et qu'on venait chercher des petits cailloux, et cherchons-les, [aux députés]. Transparence pour tous !", a scandé François Ruffin. Le député, qui assure avoir, comme journaliste, "beaucoup enquêté sur le Parlement européen", déplore y avoir assisté à la "déprime" des députés européens, "qui ont le sentiment de ne servir à rien, d'avoir juste un rôle consultatif alors que tout le pouvoir revient à la Commission". 

"Mon inquiétude, a-t-il conclu, c'est ce que je ne voudrais pas que le Parlement français se transforme à son tour en un Parlement fantoche, qui soit juste une chambre d'enregistrement des desiderata du président."

"Je me suis ennuyé la première semaine à l'Assemblée"

Revenant sur ses premiers jours à l'Assemblée, le député a confessé s'être "ennuyé" "La première semaine je me suis dit 'bon sang, si toute la question c'est de savoir qui va avoir la questure, le machin, le bidule, on n'est pas sorti de l'auberge. Vous avez passé des heures dans un hémicycle, et vous avez l'impression qu'il n'y a pas grand-chose qui se passe." "Je me sens utile dans un travail d'information, qui dépasse le cadre de l'Assemblée, parce qu'on s'adresse à l'Assemblée mais aussi au-delà. Mais je ne me sens pas forcément utile pour influer sur les décisions", a estimé François Ruffin.

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"J'ai toujours pensé que si j'étais à l'Assemblée, c'était juste pour porter une voix, mais le rapport de force va exister dans la rue", a ajouté François Ruffin. "On est 17 sur 577 dans l'Assemblée. Dans la rue, s'ils devaient mobiliser les militants d'En marche ! face à ceux qui sont hostiles à cette réforme, on gagnerait. Moi je suis toujours favorable à ce qu'il y ait des choses qui se passent dans la rue". "J'ai mené une lutte électorale cette année parce que c'était une année d'élection, mais je suis bien plus habitué aux luttes sociales.", a conclu le député LFI.

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