SNCF : "Parce qu'il y aurait un risque de grève, on devrait ne rien faire ?", s’interroge Christophe Castaner

Invité jeudi sur franceinfo, Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des Relations avec le Parlement, a notamment évoqué le sujet du projet de réforme de la SNCF.

Le projet de réforme de la SNCF n'a pas été bien accueilli, mercredi 14 mars, par les syndicats. Ils déplorent la méthode, le fond et annoncent des actions à venir. "Dans une négociation, il faut que chacun ait envie d'avancer", réagi le lendemain, jeudi 15 mars, sur franceinfo Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement. Ce n'est pas parce qu'il y a un risque de grève qu'il ne faut rien faire, estime Christophe Castaner : "Parce qu'il y aurait ce risque-là on devrait ne rien faire ? C'est fondamentalement injuste pour les Français", affirme le délégué général de LREM.

"Avant même que le texte ne soit présenté, poursuit Christophe Castaner, du moment qu'on a fait le diagnostic de la situation extrêmement grave de la SNCF, dès lors qu'on a dit qu'on voulait sauver la SNCF en faisant bouger les lignes, les syndicats avaient déjà annoncé qu'ils voulaient bloquer la SNCF et faire grève."

Christophe Castaner "redoute le conflit, surtout pour les usagers, celles et ceux qui utilisent le train pour aller travailler et qui voit déjà la dégradation du service. Je souhaite que ce ne soit pas long parce que l'objectif est commun avec les cheminots, il est de sauver la SNCF. On doit se retrouver sérieusement autour de la table pour cela", insiste le secrétaire d’État.

Christophe Castaner rappelle que le gouvernement dispose d'une "base de discussion": "On a deux mois de discussions possibles", précise-t-il. Si le gouvernement passe par des ordonnances, c'est parce que le gouvernement aurait, selon lui, "la volonté d’aller vite" et "la volonté d’empêcher aussi le blocage de la France pendant trop". "Les discussions sont déjà ouvertes avec les partenaires sociaux, indique le secrétaire d’État. On va faire durer la discussion la plus longtemps possible, avec une fin. L'objectif est que ce texte soit adopté au mois de juillet."

La réforme de la Constitution envisagée par le gouvernement est loin de faire l'unanimité. Plusieurs parlementaires proposent de faire un référendum auprès des Français. Face à la contestation sur son projet d'encadrer le dépôt d'amendements   par les parlementaires, dans le cadre de la réforme de la Constitution, le gouvernement pourrait reculer. C'est ce qu'a laissé entendre ce jeudi sur franceinfo Christophe Castaner. "La discussion va s'ouvrir et s'il y a des sujets sur lesquels les parlementaires disent 'ok sur l'essentiel on est prêts à avancer, notamment les trois points que je vous ai rappelés, [baisser de 30% le nombre de parlementaires, interdire le cumul de plus de trois mandats dans le temps, introduire une dose de proportionnelle] mais, si sur l'accessoire on demande au gouvernement d'évoluer, le gouvernement l'entendra."

"Si d'un côté ces démarches qui me semblent aller dans le bon sens, dans un sens progressif, sont bloquées par les conservateurs, il n'est pas exclu que ce soit les Français qui puissent le trancher de nouveau", explique Christophe Castaner. Cette possibilité ne l'effraie pas. "Si chaque fois qu'on avait peur de quelque chose on devait ne rien faire, poursuit le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, je serais resté dans la majorité précédente parce que c'était la ligne politique qu'on pratique depuis de longues années."

Présidence de LCP : "la subjectivité est présente"

Le journaliste Bertrand Delais, critiqué par la gauche pour sa proximité avec Emmanuel Macron, a été choisi pour diriger la chaîne parlementaire LCP-AN, au détriment notamment de la PDG sortante Marie-Eve Malouines, mise en cause pour sa gestion d'une affaire d'agression sexuelle. Certains reprochent à Bertrand Delais d'être trop proche d'Emmanuel Macron. "On n'est pas forcément de qualité parce qu'on est critique négatif contre le président de la République et l'inverse est vrai aussi et ce n'est pas lié", explique sur franceinfo Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, délégué général de LREM.

"Ce que je sais, c'est que ceux qui n'ont pas voté pour lui quand ils l'ont vu en faciès, quand il a présenté son projet par écrit de façon anonyme lui ont accordé les meilleures notes. La subjectivité est présente", insiste Christophe Castaner. "Quand il présente son projet stratégique pour LCP et qu'il le fait sur document écrit anonyme, il a les meilleures notes. C'est ça l'essentiel, plutôt que le délit de faciès qui fait que certains, quand ils le voient, lui mettent de mauvaises notes."

"Nous allons atteindre le plus puissant taux d'encadrement"

Sur la fermeture de certains classes dans les écoles primaires, "Qu'il y ait des classes qui ferment et des classes qui ouvrent c'est normal. Il y a des variations dans les villes, les villages, les quartiers", a continué Christophe Castaner.

"Nous allons atteindre un taux d'encadrement, c'est-à-dire le nombre de professeur par élèves dans les écoles rurales qui est le plus intéressant, le plus puissant possible qu'on ait connu depuis des années, précise-t-il. Il y aura moins d'élèves devant les professeurs dans toutes les classes rurales de France. Un professeur pour 17 élèves dans le Cantal, par exemple." Le secrétaire d'État insiste sur le fait que bien qu'il y ait "une baisse, significative du nombre d’élèves, nous créerons plus de 3 500 postes de professeur, à la fois pour dédoubler les classes mais aussi pour maintenir un très faible niveau d’enfants par classe, notamment dans la ruralité."

Évoquant le projet de proposer des collations à l’école dans les ZEP, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement assure que "Toutes les mesures qui contribuent à faire la promotion de nos produits agricoles locaux, et je le souhaite, bio, permettront d'améliorer les conditions d'alimentation de nos enfants".

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