Nationalisation temporaire de STX France : "C'est une bonne décision", estime Delphine Batho (Nouvelle Gauche)

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !

Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, a notamment estimé ce vendredi sur franceinfo que la nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire est "une bonne décision" qui ne la "surprend pas" de la part d'Emmanuel Macron.

Invitée sur franceinfo vendredi 28 juillet, Delphine Batho, députée Nouvelle Gauche des Deux-Sèvres, a estimé que la nationalisation temporaire des chantiers navals de Saint-Nazaire est "une bonne décision" qui ne la "surprend pas" de la part d'Emmanuel Macron.

"C'est une bonne décision que je soutiens. Nous sommes dans un secteur qui aujourd'hui a des carnets de commandes qui sont pleins mais qui peut à l'avenir se retrouver surcapacitaire", explique-t-elle. Ainsi, subsisterait-il une inquiétude sur les choix opérés par l'actionnaire italien majoritaire, dans une situation où les carnets de commandes seraient moins remplis qu'ils le sont aujourd'hui, estime la députée.

Les négociations avec le groupe italien Fincantieri se prolongero,ntont donc se prolonger pour qu'il puisse entrer dans le capital de STX Francel mais pour Delphine Batho "la question, c’est de ne pas laisser la France être minoritaire dans la gouvernance". Delphine Batho ne s'opposerait pas à un accord rapide avec Fincantieri, à condition qu'il préserve "les intérêts industriels de la France".

La députée craint un désengagement de l'Etat dans des secteurs stratégiques : "Cela ne suffit pas à déterminer ce qui doit être la politique industrielle de la France. Je suis inquiète de la cession qui est annoncée d'un certain nombre de participations de l'Etat. (...) L'Etat est intervenu dans une situation qui était critique pour sauver PSA et Peugeot en 2012. Ca été une belle opération et je ne souhaite que ce type de participations de l'Etat soit remises en cause", a-t-elle poursuivi.

Alors que le débat sur la moralisation de la vie publique anime le quotidien parlementaire, la députée a déploré des "dysfonctionnements répétés au Parlement". Elle a récusé le terme de "bizutage" pour les nouveaux députés LREM alors que des critiques sont survenues sur le fait que le groupe de la majorité pouvait être parfois malmené par l'opposition à l'occasion du débat de sur la moralisation de la vie publique à l'Assemblée nationale.

"Le problème qui est posé n'est pas de pointer du doigt de jeunes collègues, de nouveaux députés qui n'ont pas l'expérience des longs débats parlementaires, ce n'est pas eux à qui il faut faire porter le chapeau. Les chefs, ils sont où quand il y a des problèmes dans les discussions à l'Assemblée nationale. Président du groupe majoritaire, pas là ! Président de l'Assemblée nationale, pas là ! Ministre des relations avec le Parlement, pas là", a-t-elle poursuivi. 

Après les révélations du journal l'Humanité sur la vente de stock-options dont la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, aurait bénéficié après une vague de licenciements au sein du groupe Danone alors qu'elle était responsable des ressources humaines de 2012 à 2014, Delphine Batho estime que la ministre s'est disqualifiée.

La députée a dénoncé dans la foulée les méthodes de certains groupes : "Un certain nombre d'entreprises gagnent de la valeur boursière et la redistribue sur le dos des salariés." C'est, selon elle, une situation "révoltante" : "Cette affaire de stock-options est un problème récurrent depuis des années, des années et à chaque fois qu'il y a eu la volonté, la tentative annoncées de prendre des lois, finalement cela continue."

Nicolas Hulot se débrouille "très bien"

Interrogée sur ce point, Delphine Batho a estimé que le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, "se débrouille très bien" et qu'il fallait "l'aider" parce "les lobbies sont très puissants". "C'est quelqu'un qui vient de la société civile, qui jusqu'ici n'a pas exercé de responsabilités politiques et dans le job de ministre, il est solide et il veut réussir des changements structurants par rapport à la sortie des énergies fossiles, de dire la réalité des choses sur le nucléaire, par rapport à la question de la santé environnementale", a-t-elle expliqué. 

L'ancienne ministre de l'Ecologie estime que Nicolas Hulot à fort à faire avec les lobbies : "Il faut l'aider parce que les lobbys sont très puissants. Il n'a pas une tâche facile, mais je pense que s'il a accepté cette responsabilité, c'est pour réussir des changements structurants, pas simplement faire du 'greenwasching' ou de la com' sur l'écologie, c'est pour que dans le concret des décisions de fond les choses changent", a-t-elle poursuivi.