"La loi asile et immigration qui vient d’être votée n’est pas à la hauteur de la crise migratoire", affirme Rachida Dati

L'eurodéputée Les Républicains, invitée de franceinfo jeudi, estime que la législation "n'est pas adaptée" et que les politiques "n'ont pas anticipé ce qui se passe aujourd'hui".  

Rachida Dati, députée européenne Les Républicains (LR), a réagi jeudi 28 juin, à l'arrivée au port de La Valette (Malte) du navire humanitaire Lifeline, avec à son bord 233 migrants. "Quelques dizaines" de migrants seront accueillies en France, a précisé Emmanuel Macron. "Ils sont là, donc on accueille", a commenté  Rachida Dati. 

La législation "n'est pas adaptée, nos politiques n'ont pas anticipé ce qui se passe aujourd'hui", a regretté la maire LR du 7e arrondissement de Paris. "La loi asile-immigration qui vient d’être votée n’est absolument pas à la hauteur de la crise migratoire à laquelle nous sommes confrontés", a-t-elle ajouté. 

"Une majorité de migrants n'est pas éligible au droit d'asile" 

L'Italie a été très critiquée pour avoir refusé d'accueillir l'Aquarius et le Lifeline. Rachida Dati estime que ce pays "a pris sa part, pendant très longtemps, c'est elle qui a accueilli le maximum de migrants en accueil direct, avec toutes les difficultés". En ce qui concerne la France, "on a raison de pouvoir les accueillir pour faire le tri, de voir ceux qui sont éligibles à la protection et ceux qui ne le sont pas, pouvoir les expulser", a-t-elle expliqué. "C'est bien sur le papier, mais dans la réalité vous savez bien que personne ne repart, que personne n'est expulsé. Dans ces 200 [personnes] ou 300 ou 600 qui arrivent quasiment tous les jours, la majorité n'est pas éligible au droit d'asile. On accueille des gens qui n'ont rien à faire sur le territoire européen", a poursuivi l'eurodéputée.

Emmanuel Macron a déclaré que certaines ONG faisaient "le jeu des passeurs". "Je dis que certaines ONG compliquent deux tâches, celle de la maîtrise des flux migratoires et la lutte contre le terrorisme,  a réagi Rachida Dati. Je ne fais pas d'amalgame, mais je dis qu'il ne faut pas être naïf et qu'il y a aussi des enjeux de sécurité."

Pour une durée de rétention "plus importante"

Rachida Dati  s'est montrée critique et pessimiste sur le sommet de Bruxelles, qui débute jeudi 28 juin à Bruxelles, sur le défi migratoire et l'avenir de la zone euro. "Il va en sortir un devoir de solidarité, (...) et des sanctions financières", a estimé la députée européenne, mais "ce n'est pas la solution""C'est toujours dangereux qu'il n'y ait pas d'accord, mais même s'il y a un accord ce sera tout aussi dangereux parce qu'il ne sera pas mis en oeuvre", a-t-elle ajouté. Rachida Dati souhaite qu'il y ait "une durée de rétention plus importante" et "que la décision européenne, quand il y a un débouté, soit valable pour toute l'Union européenne". "Cela va réduire le flux et permettre de mieux accueillir. Je tiens à ce que la France, et c'est notre honneur, puisse accorder l'asile et la protection à des gens qui sont persécutés", a-t-elle ajouté.

Qui aux européennes en 2019 ?

Qui sera la tête de liste des Républicains aux élections européennes ? A priori, pas Laurent Wauquiez. "Il est président d'une grande région. Il s'est engagé vis-à-vis de ses électeurs et administrés en disant qu'il serait président de région jusqu'au bout", a expliqué Rachida Dati. Jean Leonetti, le maire d'Antibes sera-t-il partant ? "Je m’entends très bien avec lui, je l’aime beaucoup (...). C'est un humaniste, un centriste. Il a une fibre européenne. Je me dis pourquoi pas?", a répondu la maire du 7e arrondissement de Paris.

De son côté, Nadine Morano a dit se sentir prête à "relever le défi". "Il faut arrêter de faire des délits de sale gueule. Pourquoi pas?", a lancé Rachida Dati.

Regardez l'intégralité de l'intervention de Rachida Dati sur franceinfo le 28 juin 2018.

Vous êtes à nouveau en ligne