"L'Italie va rester un pays au cœur de la zone euro. Je ferai tout pour que ce soit le cas", assure Pierre Moscovici

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Pierre Moscovici, le commisaire européen aux Affaires économiques et financières est revenu, jeudi pour franceinfo, sur la situation politique en Italie où les euro-sceptiques sont désormais au pouvoir.

L'Italie a un nouveau Premier ministre : Giuseppe Conte. Il a été désigné le 23 mai par le nouveau gouvernement populiste pour diriger le pays. Et alors que les autres pays européens s'inquiètent de voir des eurosceptiques à la tête de l'Italie, Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économique et financières, lui, veut rester confiant.

Le dialogue d'abord en Italie

"Je ne veux pas porter de défiance sur l'Italie. Je souhaite que l'Italie garde confiance en elle-même", affirme Pierre Moscovici. Le commissaire européen refuse de se fier aux déclarations anti-européennes qu'ont pu tenir les dirigeants des deux partis qui sont désormais à la tête du pays (le Mouvement 5 étoiles, anti-système et la Ligue, de l'extrême droite). "La Commission européenne se prononcera sur des chiffres, sur des faits, sur des lois."

Baisse du déficit : "la récompense des efforts" des Français

Le 23 mai, la Commission européenne a proposé de sortir la France de la procédure pour déficit excessif ouverte contre elle en 2009. Une récompense des efforts menés par les Français depuis neuf ans, estime Pierre Moscovici et "la preuve que la méthode appliquée est la bonne : pas de punition, de sanction", mais de "la conviction, des réformes". Le prochain combat ? Celui contre "la dette publique".

Quand on lui demande si la reprise de la dette de la SNCF, que l'État s'apprête à officialiser, ne risque pas de plomber cette dynamique, le commissaire européen se montre clair. La reprise de cette dette est de "la responsabilité de l'État."

Une taxe sur les géants du Net avant la fin de l'année

Pierre Moscovici est également revenu sur une de ses priorités : taxer les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). Il rappelle que la proposition "est sur la table des ministres. Il s'agit de taxer 3% de leur chiffre d'affaires. Cela représente entre 5 et 8 milliards d'euros".

Il faut que ces entreprises paient des impôts, là où elles créent de la valeur et des profits

Pierre Moscovici

Et si le sujet est évoqué depuis plusieurs années, Pierre Moscovici avance cette fois-ci une date. Cette taxe doit être adoptée avant la fin de l'année 2018. "J'y mettrai toute mon énergie", promet le commissaire européen.

Candidat aux élections européennes ?

Interrogé sur une éventuelle candidature aux élections européennes de 2019, Pierre Moscovici entretient encore le mystère : "Je n'exclus rien. Ni de l'être, ni de ne pas l'être". Selon lui, il est encore trop tôt pour évoquer le sujet même rappelle "passionné par la question européenne".

Enfin, celui qui fut ministre de l'Économie sous François Hollande a eu une pensée pour l'ancien chef de l'État socialiste. Il est "toujours là", "son utilité, ce sont les messages qu'il délivre". affirme-t-il. Mais Pierre Moscovici prévient : "ex-président ne rime pas avec futur président, et il le sait',"s'il contribue au débat de la gauche, c'est bien. Mais il ne doit pas l'étouffer".

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