"L'inventaire de la gauche doit être fait et je le fais", déclare Pierre Moscovici

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Le commissaire européen aux Affaires économiques, invité mercredi de franceinfo, estime que le quinquennat de François Hollande "a été celui de beaucoup de réussites mais aussi d’échecs qui ont précipité la gauche dans un abîme".  

Pierre Moscovici, invité de franceinfo mercredi 24 janvier, a jugé nécessaire de "faire "l'inventaire" de la gauche, après la présidentielle, alors que "le quinquennat" de François Hollande "l'a précipitée dans un abîme"

"Il y a des choses qui ont été réussies", a tempéré Pierre Moscovici "La gauche a eu à faire face à une crise terrible, la crise grecque, la crise des subprimes, une croissance extrêmement faible (...) Elle a été capable de passer de bonnes relations avec l'entreprise", a-t-il déclaré, ajoutant au crédit du quinquennat "des conquêtes sociétales comme le mariage pour tous, l'accord [climat] de Paris". Selon l'ex-ministre socialiste François Hollande, "père de la nation", a "bien incarné sa fonction à l'étranger". "Il a été un chef de guerre tout à fait efficace contre le terrorisme", a-t-il ajouté.

L'actuel commissaire européen aux Affaires économiques et ex-ministre de l'Economie entre 2012 et 2014, a publié un livre intitulé Dans ce clair-obscur surgissent les monstres publié chez Plon, dans lequel il analyse "les réussites et les  échecs du quinquennat" de François Hollande, "un homme intelligent" qui a "bien servi son pays", précise-t-il. Mais les valeurs de la gauche n'ont pas été suffisamment affirmées pendant cette période, estime Pierre Moscovici. Il cite notamment, "la déchéance de nationalité", qui n'était "pas lisible", "l'affaire Leonarda", les critiques à l'égard de la position d'Angela Merkel sur les migrants. 

Le discours de Munich de Manuel Valls  était "un geste inamical à l'égard de l'Allemagne", a-t-il déclaré, alors que si "on ne doit pas accueillir tout le monde", il faut "une approche européenne, des principes de générosité, d’humanité à côté de la fermeté".   

Pierre Moscovici a précisé "s'intéresser toujours à la gauche social-démocrate". Il votera lors du prochain congrès du PS en avril et dit attendre, pour faire son choix, le Conseil national de samedi 27 janvier, qui doit entériner les candidatures. "Il faut que je m'acquitte de ma cotisation", a-t-il précisé, ajoutant qu'"il n'est plus dans dans une section depuis qu'il est à Bruxelles".

Un appel au "consensus" sur la question migratoire

Interrogé sur la circulaire Collomb, du nom du ministre de l'Intérieur, prévoyant un recensement des migrants dans les centres d'hébergement d'urgence, Pierre Moscovici a estimé qu'il fallait "chercher un consensus et écouter les associations et les élus de droite comme de gauche". Gérard Collomb a déclaré le 16 janvier dernier qu'il fallait trouver un équilibre entre "bien accueillir celles et ceux qui vont rester en France et éloigner les autres". "L'équilibre dont parle Gérard Collomb doit encore être trouvé", a réagi Pierre Moscovici.

La "justice fiscale" réclamée à Davos

Pierre Moscovici est attendu aujourd'hui au Forum économique mondial de Davos (Suisse). Le commissaire européen aux Affaires économiques a jugé que ce Forum où se côtoient chefs d'État et patrons "a une utilité" en raison des rencontres qu'il permet. "C'est un lieu de speed-dating où on rencontre en 48 heures plus de gens qu'en un mois (...). À une condition, d'avoir des messages. Et mon message, ce sera aux multinationales : payez vos impôts là où vous créez des profits", a-t-il expliqué. 

"J'y défendrai une cause qui m'est chère, la cause de la justice fiscale, la lutte contre la fraude et l'évasion fiscale. Je verrai beaucoup de chefs d'État et de patrons, et je leur dirai qu'il faut qu'ils payent leurs impôts là où ils créent des profits et de la valeur", a développé Pierre Moscovici. "On ne peut plus tolérer que les multinationales ne payent pas d'impôts parce qu'elles ont des armées de conseillers juridiques et fiscaux", a-t-il martelé.

Regardez l'intégralité de l'entretien de Pierre Moscovici sur franceinfo le 24 janvier 2018.

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