L'évaluation des ministres par Edouard Philippe aura "des conséquences", mais ne va pas "conduire à un remaniement", assure Christophe Castaner

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Selon le délégué général de La République en marche, il ne faut pas spéculer sur un remaniement du gouvernement après l'évaluation des ministres par Edouard Philippe.

Christophe Castaner, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement et délégué général de LREM "ne doute pas" lundi 2 juillet sur franceinfo que l'évaluation des ministres par le Premier ministre aura "des conséquences" mais "ne croit pas" qu'elle "va conduire à un remaniement". Edouard Philippe va faire passer des entretiens d'évaluation à ses ministres, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Christophe Castaner "ne doute pas" qu'il y aura "des conséquences, non pas comme un carnet de notes à la fin de l'année scolaire, mais des conséquences sur la façon de travailler, sur la méthode qu'il [le ministre] utilise, sur les rapports qu'il a avec ses collègues du gouvernement, avec le Premier ministre", a-t-il expliqué. "L’évaluation" des ministres "est nécessaire, elle vaut pour tous. Dans l’entreprise, pour un étudiant, elle vaut aussi pour un ministre", a-t-il assuré. "Certains ministres peuvent ne pas assez travailler collectivement, le Premier ministre peut être amené à leur dire", a-t-il ajouté.

"Ne spéculons pas sur un remaniement"

Pour autant, selon le délégué général de LREM ces évaluations ne préfigurent pas un remaniement : "Non, je ne crois pas. Il y a en aura peut-être un, mais ce n’est pas ce moment d’évaluation qui va conduire à un remaniement. Faisons les choses dans l'ordre. L'ordre, c'est justement de prendre le temps de l'évaluation. Ne commençons pas à spéculer sur un remaniement, sinon la presse va s'emballer", a-t-il dit.

"Un think-tank a fait une étude sur La République en marche. J'ai accepté qu'il y ait une question qui soit posée auprès de 30 000 adhérents pour faire une évaluation  de la façon dont j'exerce mon rôle. Je prends le risque que si 80% des gens disent Castaner est nul, je sois obligé de présenter ma démission", a-t-il confié. "Je vois le Premier ministre presque tous les jours, donc je n’ai, pour l’instant, pas encore de rendez-vous", a-t-il précisé.

Invité à réagir sur ce sujet, le secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement a estimé qu'il revenait à l'Etat et non à la collectivité corse de décider de l'accueil de bateaux ayant secouru des migrants.

Pour Christophe Castaner, il ne faut pas parler d'une crise des migrants, mais d'une crise politique, alors que l'accord trouvé la semaine dernière lors du sommet européen semble bien fragile, du fait de la situation politique dans certains pays au sein de l'Union, notamment en Italie et en Allemagne.

La crise des migrants, une crise "politique"

"Ce n’est pas une crise de migrants, c’est une crise politique. Il suffit de regarder les chiffres de ces dernières années. Il y avait 1,5 million de migrants qui rentraient en Europe en 2016, et aujourd’hui pour l’Italie, ça a baissé de 89% depuis le début de l’année. Et donc, il y a un phénomène politique qui se pose sur ce sujet et on parle que de cela. C'est vrai en Allemagne et en particulier depuis l'élection de monsieur Salvini" [le ministre italien de l'Intérieur] "qui est un ministre de l'extrême droite. Monsieur Salvini en fait un objet politique, donc on sait que les négociations seront difficiles", a-t-il expliqué. "Il ne faut jamais oublier que c'est une posture politique de monsieur Salvini qui met l'Europe en difficulté. Est-ce que la France doit céder ? La réponse est non", a-t-il conclu.

Christophe Castaner est revenu sur l'accord trouvé la semaine dernière entre les pays européens : "Nous sommes sortis avec un accord politique global dont une partie sur les centres fermés, qui prévoit l’intervention en amont dans les pays de passage comme le Tchad, comme le Niger dans les pays de transit comme la Libye qui prévoit la sécurisation des frontières européennes et qui prévoit une gestion aussi au sein de l'Europe qui passe par les centres fermés", a-t-il expliqué. "Il faut que ce soit en lien avec le HCR, il ne s’agit pas de prisons, il s’agit de centres d’accueil qui nous permettent d’identifier celles et ceux qui doivent avoir le statut de réfugié", a-t-il ajouté.

Selon lui, le ministre de l’Intérieur français doit rencontrer  son homologue italien : "Le choix des Italiens est légitime (...) et nous n'avons pas nous, la France, à décider ce qui est bien ou pas bien pour l’Italie. Il nous faut travailler avec eux", a-t-il assuré. Le délégué général de LREM assure que "la France continuera à exiger l’application du droit international" concernant les bateaux de migrants qui naviguent en Méditerranée. "Le droit international prévoit que les bateaux doivent accoster au plus près", a-t-il rappelé. "Nous maintiendrons la pression au niveau de l’Europe" à ce sujet , a-t-il assuré.